Stratégie 2025-2026 de BKGR : une année record pour les marchés marocains, un cycle d’opportunités qui s’ouvre
L’étude annuelle « Strategy 2025-2026 » publiée par BMCE Capital Global Research (BKGR), dresse un panorama détaillé de l’environnement macroéconomique, financier et boursier du Maroc, tout en proposant un cadre stratégique pour l’année 2026.
L’année 2025 est décrite par BKGR comme un exercice exceptionnel, tant sur le plan économique que financier, dans un environnement mondial pourtant marqué par de fortes turbulences. Les tensions géopolitiques, les frictions commerciales sino-américaines et la montée des incertitudes autour des politiques monétaires ont entretenu une volatilité élevée sur les marchés internationaux, favorisant notamment une envolée historique de l’or et une nervosité persistante sur les matières premières énergétiques.
Dans ce contexte global instable, l’économie marocaine a fait preuve de résilience. BKGR souligne que la politique monétaire conduite par Bank Al-Maghrib s’est inscrite dans une logique d’assouplissement prudent, avec une baisse du taux directeur à 2,25 % en mars 2025, suivie d’un maintien de ce niveau jusqu’à la fin de l’année. Cette orientation a permis de soutenir l’activité sans provoquer de tensions inflationnistes, l’inflation demeurant quasi nulle à fin novembre.
La croissance économique est estimée autour de 5 % en 2025, confirmant la solidité de la reprise amorcée en 2024. Cette performance est portée par la dynamique non agricole, soutenue par l’investissement public et privé et par la poursuite des grands projets structurants, notamment la modernisation des stades, l’extension des aéroports de Casablanca, Marrakech et Tanger, ainsi que le renforcement des écosystèmes industriels.
Sur le plan externe, BKGR relève toutefois la persistance de déséquilibres, avec un déficit commercial élevé, conséquence directe de la hausse marquée des importations de biens d’équipement, dans le sillage de la forte politique d’investissement. La dépendance aux importations énergétiques et céréalières continue de peser sur la balance commerciale, même si la bonne tenue des exportations, en particulier dans les métiers mondiaux du Maroc comme les phosphates, a partiellement amorti ce choc.
L’un des faits structurants de l’année 2025, tel que mis en avant dans l’étude, reste le relèvement de la notation souveraine du Maroc par Standard & Poor’s, consacrant le retour du Royaume au statut Investment Grade. Cette évolution est interprétée par BKGR comme une reconnaissance de la solidité des fondamentaux macroéconomiques et de la crédibilité du cadre budgétaire, facilitant l’accès du Maroc aux marchés financiers internationaux et renforçant l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
Ces améliorations macrofinancières se sont pleinement reflétées sur le marché actions. La Bourse de Casablanca a signé l’une de ses meilleures performances historiques, avec un MASI en hausse de plus de 27 % sur l’année et une capitalisation boursière dépassant pour la première fois les 1 000 milliards de dirhams. BKGR souligne également la nette progression des volumes, le retour marqué des investisseurs particuliers et la contribution positive de plusieurs introductions en Bourse, dans un contexte de modernisation du marché, notamment avec la préparation du lancement des ETF et du marché à terme.
L’étude met aussi en lumière la forte amélioration des résultats des sociétés cotées, avec une croissance de plus de 40 % du résultat net part du groupe agrégé au premier semestre, portée par les secteurs bancaire, industriel, télécoms et par la montée en puissance du secteur de la santé.
Pour 2026, BKGR adopte un scénario de normalisation. L’environnement est qualifié de « FANI » – friable, anxiogène, non linéaire et incompréhensible – traduisant la persistance d’incertitudes géopolitiques et macrofinancières. La croissance du PIB est projetée autour de 4,5 %, avec une inflation toujours contenue et un maintien d’une politique monétaire accommodante. L’année 2026 devrait également marquer une étape préparatoire vers l’adoption, à partir de 2027, d’un régime de ciblage de l’inflation, préalable à la flexibilisation progressive du dirham.
Sur le plan budgétaire, BKGR anticipe une poursuite de la consolidation, avec un déficit ciblé à 3 % du PIB, tout en maintenant un effort d’investissement public élevé, estimé à près de 380 milliards de dirhams, orienté vers l’éducation, la santé et les infrastructures hydriques.
Dans ce cadre, la stratégie d’investissement 2026 proposée par BKGR repose sur une architecture de portefeuille en trois piliers. Le moteur principal, majoritaire, privilégie des valeurs offrant stabilité, visibilité et génération récurrente de cash-flow. Le moteur intermédiaire cible des sociétés à croissance maîtrisée, capables de créer de la valeur de manière lisible et soutenable. Enfin, une composante plus tactique, limitée en poids, vise la création d’alpha opportuniste à travers des positions temporaires liées à des catalyseurs spécifiques, notamment des publications financières, des opérations de marché ou de nouvelles IPO.
