Le navire de secours Ocean Viking, affrêté par l'ONG SOS Méditerranée, le 15 septembre 2019 au large de Lampedusa en Italie © AFP/Archives Alessandro SERRANO

International

SOS Méditerranée cherche de nouveau un port sûr pour 104 migrants

le 21 octobre 2019


L’ONG SOS Méditerranée a demandé aux autorités européennes de lui désigner un port sûr pour débarquer 104 migrants qu’elle a recueillis vendredi à bord de son navire de secours en mer, Ocean Viking, au large de la Libye, a-t-elle annoncé lundi.

L’Ocean Viking, qui se trouvait lundi dans les eaux internationales au large de Malte, a demandé aux Centres de coordination des secours maritimes (MRCC) italien et maltais l’attribution d’un lieu sûr et espère « un débarquement rapide des 104 survivants », a indiqué SOS Méditerranée, basée à Marseille, dans un communiqué.

Les autorités italiennes et maltaises n’ont pas fait de commentaire.

Vendredi, l’Ocean Viking a secouru les occupants d’un bateau pneumatique en détresse à 50 milles nautiques des côtes libyennes. Parmi les 104 personnes à bord se trouvent 40 mineurs, dont 30% sont non accompagnés, ainsi que deux femmes enceintes.

Cette opération de secours est intervenue seulement deux jours après le débarquement de 176 rescapés à Tarente (Italie).

Comme lors du précédent sauvetage, les autorités libyennes ont proposé jeudi à l’Ocean Viking de débarquer à Tripoli, ce que l’équipage a refusé. « Selon le droit international, aucun port en Libye ne peut être considéré comme sûr », a ajouté l’ONG.

« Au cours des deux derniers jours, nous avons entendu de terribles histoires de violence et d’abus en Libye », a indiqué SOS Méditerranée. L’ONG cite un Ivoirien de 23 ans: « Mieux vaut mourir en mer que de vivre en Libye ».

Le chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a fait de la Libye la voie privilégiée pour les migrants originaires d’Afrique de l’Est, du Sahel et du Moyen-Orient, cherchant à rejoindre l’Europe.

Selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), plusieurs milliers de migrants se trouvent bloqués en Libye, dans des conditions déplorables.

Un « pré-accord » a été trouvé à La Valette (Malte) le 23 septembre entre la France, l’Allemagne, l’Italie et Malte, ces deux derniers pays étant en première ligne pour les arrivées de migrants. Cette initiative doit permettre d’éviter que les bateaux humanitaires ne restent bloqués en mer pendant des semaines en attendant que des pays acceptent, au cas par cas, de les accueillir.

En quatre ans, SOS Méditerranée, à bord de l’Aquarius puis de l’Ocean Viking, a porté secours à plus de 30.000 migrants en mer.

LNT avec Afp