Un cadenas d'amoureux sur le pont de Brooklyn à New York en 2013 © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP SPENCER PLATT

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Le site gratuit de rencontres de Facebook lancé aux États-Unis

le 6 septembre 2019


« Facebook Dating », le site de rencontres du réseau social, a fait ses débuts jeudi aux Etats-Unis avec la promesse d’unir durablement en quelques clics des célibataires, un service gratuit qui pourrait éclipser la concurrence payante.

Facebook, au coeur de nombreuses polémiques liées à la fuite de données personnelles de ses utilisateurs, affirme que cette nouvelle fonctionnalité a bénéficié d’une sécurité de pointe.

« Facebook Dating facilite la rencontre de l’amour à travers ce que vous aimez, en vous aidant à établir des relations profondes à travers des choses que vous avez en commun, comme des intérêts, des événements et des groupes », selon un message posté par Nathan Sharp, un responsable du projet. « Il vous donne un regard plus authentique sur une personne », estime-t-il.

Lors de son annonce en mai 2018, Mark Zuckerberg, le PDG du premier réseau social mondial, avait souligné en personne que ce site ne visait pas à faciliter les rencontres d’un soir et sans lendemain, mais à aider les gens à bâtir des relations durables par l’intermédiaire du réseau.

« Trouver un partenaire romantique est très personnel, c’est pourquoi nous avons conçu Dating de telle manière à ce qu’il soit sûr », insiste Nathan Sharp dans son message.

– Protéger les rencontres réelles-

Depuis le scandale Cambridge Analytica en mars 2018, révélant l’exploitation à des fins politiques de données de millions d’utilisateurs de Facebook à leur insu, le réseau peine à se défaire de l’image d’un réseau social peu fiable, incapable de protéger ses 2,4 milliards d’utilisateurs.

Et fin juillet, Facebook a été condamné à une amende record de 5 milliards de dollars par la FTC, l’autorité américaine de régulation des communications, pour ne pas avoir su protéger les données personnelles de ses utilisateurs.

Pour rassurer, M. Sharp a expliqué que des experts de la sécurité et de la confidentialité avaient travaillé sur ce projet « pour créer des protections dès le début, notamment la possibilité de signaler et de bloquer toute personne; interdire aux personnes d’envoyer des photos, des liens, des paiements ou des vidéos dans des messages; et en fournissant un accès facile aux recommandations de sécurité ».

Au-delà de la sécurisation des données virtuelles, Facebook a également prévu de protéger les personnes qui décideraient de poursuivre leur rencontre dans la vraie vie.

Elles pourront ainsi partager avec une personne de confiance les informations sur une rencontre programmée (lieu, heure, etc.).

Le principal avantage de « Facebook Dating » est qu’il permet à ses utilisateurs de récupérer facilement les photos, les « Like » et autres informations de profil renseignées sur Facebook. Il serait ainsi possible de se créer un profil en seulement quelques secondes.

Et surtout, contrairement à des sites ou applications de rencontres tels que Meetic ou Tinder, ce service est entièrement gratuit.

Comme les autres fonctionnalités de Facebook, il dégagera des revenus grâce à la publicité ciblée basée sur les données collectées massivement par le premier réseau social mondial.

Les premiers pas du réseau social dans le marché de la rencontre amoureuse devrait être particulièrement scrutés par ses rivaux, Match Group en tête, la maison-mère de Tinder, Meetic et OkCupid dont le cours de l’action a chuté au moment de l’officialisation de Facebook Dating.

A la mi-journée à Wall Street, l’action Match cédait près de 6% quand celle de Facebook gagnait 1,62%.

Lors de l’annonce du projet de Facebook le 1er mai 2018, l’action de ce concurrent payant s’était effondrée de plus de 22%.

Facebook Dating dont l’application est directement intégrée à l’interface de Facebook et accessible depuis un bouton en forme de coeur, était déjà disponible dans 19 pays (Argentine, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Equateur, Guyane, Laos, Malaisie, Mexique, Paraguay, Perou, Philippines, Singapour, Surinam, Thaïlande, Uruguay et Vietnam).

En Europe, il fera ses premiers pas d’ici le début de 2020.

LNT avec Afp