SIAM 2026 : le Groupe OCP déploie une lecture intégrée de la chaîne agricole, du sol à l’animal
À l’occasion de la 18e édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc, qui se tient à Meknès du 20 au 28 avril, le Groupe OCP présente un dispositif construit autour d’un fil conducteur unique : la molécule de phosphore, lue comme lien entre la mine, les sols, les cultures, l’alimentation animale et les territoires. Une mise en récit qui traduit le basculement stratégique du Groupe, d’une logique de volume vers une logique de solutions.
Un leader mondial au service de la sécurité alimentaire
Fondé en 1920, le Groupe OCP se positionne comme l’un des acteurs centraux de la nutrition des sols et des plantes à l’échelle mondiale. Il mobilise aujourd’hui plus de 17 000 collaborateurs et sert plus de 350 clients répartis sur cinq continents, en s’appuyant sur les plus importantes réserves mondiales de phosphate. Cette position singulière lui confère, selon ses propres termes, un rôle de garant responsable d’une ressource stratégique devenue indissociable de la sécurité alimentaire mondiale.
Sa présence au SIAM 2026 traduit cette ambition sous le signe d’une formule, « Bringing Phosphorus to Life », soit donner vie au phosphore pour qu’il nourrisse durablement la vie. Un positionnement qui dépasse la seule logique d’extraction pour embrasser l’ensemble de la chaîne de valeur agricole, avec l’appui d’un plan d’investissement de 13 milliards de dollars, orienté vers des capacités industrielles bas carbone, une eau et une énergie compétitives, et la consolidation d’un modèle circulaire.
Un pavillon conçu comme un parcours, de la mine à l’élevage
Pour cette édition consacrée à la production animale, le Groupe OCP a conçu son pavillon comme un parcours immersif qui suit le cheminement du phosphore à travers les différents maillons de la chaîne agricole. Le visiteur est invité à suivre la molécule depuis la mine, puis les sols, la science, la plante, jusqu’à l’alimentation animale et aux communautés.
Cette mise en récit repose sur une conviction systémique. La qualité de l’alimentation animale dépend de celle des fourrages, qui dépend à son tour de la qualité des cultures, de la fertilité des sols et de la précision des apports nutritifs. Et cette précision repose elle-même sur la science, la donnée, l’innovation et les capacités industrielles du Groupe. L’objectif affiché est de démontrer qu’une ressource minérale, lorsqu’elle est comprise, transformée et utilisée avec précision, devient un véritable facteur de performance agricole, de nutrition animale et de développement territorial.
La mine, premier maillon d’une transformation durable
Le parcours commence à la mine, point de départ de la chaîne. Le Groupe OCP y engage une transformation industrielle d’envergure, avec pour objectif affiché de doubler ses capacités d’ici 2030. Une montée en puissance adossée à une exigence nouvelle, celle de produire mieux autant que produire davantage.
Depuis 2025, les opérations minières du Groupe atteignent l’autonomie en eau, grâce au dessalement et aux stations de traitement et d’épuration. En parallèle, une transition énergétique est engagée, fondée sur les fermes solaires, l’éolien et des solutions de stockage. À Khouribga, plus grande mine de phosphate au monde, les opérations sont désormais alimentées par l’énergie solaire. À Benguerir, un premier système de stockage par batteries LFP (lithium-fer-phosphate), inédit au Maroc, doit entrer en service dans les prochains mois. La durabilité est ainsi intégrée dès l’amont, au cœur du modèle industriel.
Les sols, point d’entrée d’une stratégie continentale
Deuxième maillon du parcours, le sol est présenté comme l’élément déterminant de toute la chaîne. À l’échelle mondiale, une part importante des sols agricoles est aujourd’hui dégradée ou appauvrie en nutriments essentiels, ce qui contraint les rendements et fragilise les systèmes agricoles.
Face à ce constat, le Groupe a développé une capacité d’analyse des sols à grande échelle, appuyée sur des campagnes de cartographie, de diagnostic et d’études agronomiques. Ces travaux ont mis en lumière un paradoxe. D’un côté, des régions où les sols sont saturés. De l’autre, des zones à fort potentiel encore largement sous-exploitées, au premier rang desquelles l’Afrique, qui concentre près de 60 % des terres arables non exploitées dans le monde mais dont les sols demeurent sous-fertilisés.
C’est à partir de ce constat que le Groupe a structuré son action continentale, notamment à travers sa filiale OCP Africa, avec pour objectif de révéler le potentiel agricole du continent par des solutions adaptées aux réalités locales. L’écosystème de recherche de l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) joue ici un rôle central, en développant les méthodes d’analyse, les outils de diagnostic et les formulations agronomiques adaptées à chaque contexte.
La fertilisation de précision, nouvelle norme agronomique
Cette connaissance fine des sols conduit à une transformation de l’offre d’engrais et des pratiques de fertilisation elles-mêmes. Le Groupe OCP a ainsi engagé ce qu’il décrit comme un changement de paradigme. Passer d’une logique de volume, fondée sur des apports standardisés, à une logique de solution, fondée sur la customisation des apports en fonction des caractéristiques agronomiques locales.
Cette approche s’incarne dans la méthode des 4R, pour Right Source, Right Rate, Right Time, Right Place, soit le bon nutriment, à la bonne dose, au bon moment et au bon endroit. Elle est portée par OCP Nutricrops, filiale du Groupe dédiée à la production de fertilisants, qui conçoit des engrais sur mesure combinant science, données agronomiques et capacités industrielles de formulation.
Parmi les solutions structurantes figure notamment le TSP (triple superphosphate), dont la concentration, la solubilité et la polyvalence permettent d’améliorer significativement les performances agronomiques. Cette logique de précision vise un double objectif : augmenter les rendements tout en réduisant les pertes, l’intensité des intrants et la pression sur les ressources naturelles.
Une double contribution à la filière animale
En résonance avec le thème de cette édition du SIAM, le Groupe OCP détaille sa contribution aux systèmes d’élevage. Celle-ci s’exerce à deux niveaux complémentaires.
De manière indirecte d’abord, via la fertilisation des cultures fourragères. La qualité de l’alimentation animale dépend de la qualité des fourrages, qui dépend elle-même de la fertilité des sols. À ce titre, la contribution du phosphore à l’élevage commence bien avant la ration animale, dès les sols qui produisent la biomasse destinée aux troupeaux.
De manière directe ensuite, à travers la gamme Phosfeed, développée par la filiale Specialty Products & Solutions (SPS). Cette gamme regroupe des phosphates alimentaires intégrés dans les rations du bétail pour répondre à des besoins essentiels tels que la croissance, la santé osseuse, la reproduction et les performances d’élevage.
À cela s’ajoute la roche phosphatée réactive, développée par Rock Solutions, qui apporte une réponse aux sols acides représentant près de 40 % des terres agricoles mondiales. Déployée notamment au Brésil, en Australie et en Nouvelle-Zélande dans les grands bassins d’élevage, elle permet, grâce à sa libération progressive du phosphore et son effet sur le pH, d’améliorer la fertilité des sols et la productivité des systèmes prairie-élevage. Les tests en conditions réelles font état d’une augmentation de la biomasse fourragère pouvant atteindre 118 % lorsqu’elle est combinée au phosphore hydrosoluble.
Concilier production agricole et transition environnementale
L’action du Groupe s’inscrit dans une trajectoire qui cherche à articuler deux impératifs souvent présentés comme contradictoires : améliorer la production agricole pour nourrir une population mondiale en croissance, et réduire l’empreinte environnementale des systèmes agricoles et industriels.
Cette articulation passe par la nature même des solutions développées, telles que la fertilisation raisonnée, les engrais sur mesure, l’optimisation des usages et la réduction des pertes, mais aussi par des initiatives transversales comme le carbon farming. Cette approche vise à capter du carbone dans les sols tout en renforçant leur fertilité, ouvrant par ailleurs de nouvelles perspectives économiques pour les agriculteurs via l’accès aux marchés carbone. Une dynamique portée au sein du Groupe par Tourba, filiale rattachée à INNOVX, qui a obtenu des certifications ouvrant cet accès.
Ces actions s’inscrivent dans une contribution explicite aux Objectifs de Développement Durable des Nations Unies, en particulier l’ODD 2 relatif à la sécurité alimentaire et l’ODD 13 relatif à l’action climatique.

Un impact territorial au plus près des agriculteurs
Au-delà du dispositif industriel et commercial, le Groupe met en avant son ancrage territorial et son action au plus près des agriculteurs. Le programme Al Moutmir en constitue le principal levier, avec à ce jour plus de 40 000 agriculteurs accompagnés au Maroc, dont 4 000 agricultrices et 1 500 éleveurs ou encore 400 coopératives agricoles soutenues. À l’échelle du continent africain, ce sont 4,5 millions d’agriculteurs qui ont été touchés par les programmes d’accompagnement du Groupe.
Ce dispositif s’appuie sur des plateformes de démonstration, des analyses de sols systématiques et la diffusion de recommandations techniques adaptées, dans une logique de professionnalisation des pratiques agricoles. Preuve s’il en est, au Maroc 70% des agriculteurs accompagnés ont adopté l’analyse des sols pour leur culture.
En parallèle, les fondations du Groupe prolongent cet engagement sur le volet humain. La Fondation OCP a accompagné plus de 1,5 million de bénéficiaires depuis 2012, dont 95 731 pour la seule année 2025, avec 60 % de femmes, dans 16 pays et sur trois continents. Le modèle des fermes agricoles intégrées (FACI) combine agriculture, formation et entrepreneuriat, faisant de l’exploitation agricole un levier de développement local. De son côté, la Fondation Phosboucraâ a touché plus de 210 000 bénéficiaires en dix ans, formé 2 300 éleveurs et agriculteurs des régions du Sud à l’agriculture digitale et contribué à la création de 803 entreprises structurant des filières locales.
Une lecture systémique assumée
À travers sa présence au SIAM 2026, le Groupe OCP illustre une lecture du système agricole qui refuse le cloisonnement entre ses différentes composantes. De la mine aux sols, des sols aux plantes, des plantes à l’animal, puis aux communautés, chaque maillon est présenté comme indissociable des autres, et la performance de l’ensemble est conditionnée par la cohérence des interventions tout au long de la chaîne.
Cette approche rejoint le thème même du SIAM 2026, celui de la durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire, à un moment où la conjugaison du stress hydrique, de la volatilité des marchés mondiaux et des mutations climatiques replace les questions agricoles au cœur des stratégies nationales. En faisant dialoguer science, industrie, agronomie, élevage et développement territorial, le dispositif présenté à Meknès cherche à démontrer qu’une ressource minérale peut, lorsqu’elle est mobilisée avec précision, devenir un véritable levier de transformation agricole et humaine.
Selim Benabdelkhalek
