Serbie : des milliers de personnes aux obsèques de Ratko Mladic, Bruxelles dénonce la glorification d’un criminel de guerre

Par LNT
obsèques de Ratko Mladic serbie

L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, condamné à la perpétuité pour génocide, est mort fin août à La Haye à 84 ans. Ses obsèques se sont tenues lundi à Belgrade en présence de responsables gouvernementaux serbes et de l’ambassadeur de Russie. L’Union européenne rappelle que le révisionnisme n’a pas sa place chez un pays candidat.

Ratko Mladic est mort à la fin du mois d’août à La Haye, où il purgeait une peine de réclusion à perpétuité prononcée en 2021 pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis durant la guerre de Bosnie de 1992-1995. Il était âgé de 84 ans.

Sa condamnation portait sur deux ensembles de faits : l’organisation du massacre de Srebrenica en juillet 1995, qui a fait environ huit mille victimes, hommes et adolescents bosniaques exécutés après la chute d’une zone placée sous protection des Nations unies, et la campagne de terreur menée contre la population civile durant le siège de Sarajevo.

Les obsèques se sont déroulées le 7 septembre à l’église Saint-Luka de Belgrade, en présence de plusieurs milliers de personnes. Des responsables du gouvernement serbe y assistaient, ainsi que l’ambassadeur de Russie. Le président Aleksandar Vucic ne s’est pas déplacé en personne.

Le patriarche de l’Église orthodoxe serbe a déclaré que son nom resterait profondément gravé dans la mémoire et les prières du peuple orthodoxe serbe. Des banderoles portant la mention « Merci, général » ont été déployées et des slogans le qualifiant de héros scandés par une partie de l’assistance. La cérémonie avait été organisée par son fils, Darko Mladic.

L’Union européenne a réagi en indiquant que la glorification des criminels de guerre, la négation du génocide et le révisionnisme n’avaient leur place ni dans l’Union ni dans les pays candidats, catégorie dont relève la Serbie depuis 2012.

L’Association des mères de Srebrenica a pour sa part qualifié le rassemblement de possible plus important rassemblement fasciste en Europe depuis soixante-dix ans.

La séquence illustre un contentieux mémoriel qui structure toujours la région trente ans après les accords de Dayton. Le génocide de Srebrenica a été qualifié comme tel par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie puis par la Cour internationale de justice, et l’Assemblée générale des Nations unies a institué en 2024 une journée internationale de commémoration, décision à laquelle Belgrade s’était vivement opposée.

Pour l’Union européenne, la difficulté est concrète. L’adhésion serbe suppose l’alignement sur les positions communes en matière de justice internationale, condition dont la démonstration inverse vient d’être administrée publiquement dans la capitale d’un pays candidat.

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