Les gardiens de la révolution iraniens ont affirmé jeudi que sept navires pétroliers avaient été incendiés ou endommagés dans le détroit d’Ormuz et le nord du Golfe. Le Brent est repassé au-dessus de 111 dollars le baril, après avoir touché 112,04 dollars en cours de séance.
Selon la marine du corps des gardiens de la révolution, citée par une agence iranienne, quatre navires procédant à des transferts de cargaison d’hydrocarbures de bord à bord dans le nord du Golfe ont été frappés simultanément et ont pris feu. Ils auraient emprunté des routes maritimes non autorisées et auraient été suivis avant d’être visés. Trois autres bâtiments auraient heurté des mines marines à l’ouest du détroit le 21 octobre, ce qui aurait provoqué des incendies et les aurait immobilisés.
Les sept navires n’ont pas été nommés et ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante. Téhéran a mis en cause les États-Unis, accusés d’encourager les navires à emprunter des routes qu’il considère comme non autorisées et possiblement minées, et averti que la poursuite de l’engagement militaire américain pourrait étendre les attaques à des bases américaines dans la région.
Deux incidents distincts ont en revanche été documentés par l’organisme de coordination du trafic maritime dans la zone. Le pétrolier Al Dasma, battant pavillon koweïtien, d’un port en lourd de 109 719 tonnes et exploité par la compagnie publique koweïtienne de transport pétrolier, a été atteint par un projectile à environ onze milles nautiques à l’ouest de Bukha, à Oman, et a pris feu, selon un avertissement diffusé à 01h45 TU le 21 octobre. L’incendie a été éteint, le navire mouille désormais à quelque 1,3 mille nautique à l’ouest de Bukha, l’équipage est indemne et aucun impact environnemental n’a été relevé. Le même bâtiment avait déjà été visé lors d’une attaque le 7 septembre.
Le Soyia, de propriété grecque et sous pavillon libérien, a pour sa part été atteint par un projectile non identifié à environ trente milles nautiques au sud-est d’Al Faw, en Irak, à 18h30 TU le 20 octobre. L’équipage est indemne et aucun dommage ni pollution n’ont été signalés. Les navires sont invités à la prudence dans l’attente des investigations.
Sur les marchés, le Brent progressait de plus de 1,5% au-dessus de 111 dollars jeudi en fin de journée, après avoir gagné jusqu’à 3% en début de séance, le brut léger américain s’échangeant alors en hausse de 2,3% à 99,34 dollars. Les opérateurs invoquent également de nouvelles attaques de rebelles yéménites contre des installations en Arabie saoudite, qui alimentent les craintes de rupture d’approvisionnement.
Pour le Maroc, qui importe la quasi-totalité de ses hydrocarbures, la trajectoire du baril pèse directement sur la facture énergétique et sur la charge de compensation du gaz butane, en hausse de 56% sur les neuf premiers mois de 2026 selon les statistiques du Trésor. Le projet de loi de finances pour 2027, présenté vendredi au Parlement, est construit sur des hypothèses de prix dont les documents détaillés n’avaient pas encore été publiés.
LNT