M. Ahmed Réda Chami, Président du CESE

Société

Selon le CESE, le Maroc peut être « champion du monde » des énergies renouvelables

le 10 juillet 2020


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté, jeudi lors d’une rencontre virtuelle, une étude intitulée « Accélérer la transition énergétique pour installer le Maroc dans la croissance verte », qui a pour objectif de proposer les fondamentaux à même de soutenir la mise en place d’une nouvelle stratégie sous l’angle de la transition énergétique.

Menée selon une approche participative, jette la lumière sur les aspects relatifs à une mutation responsable des modes de production et de consommation d’énergie ainsi que des externalités socioéconomiques et environnementales de cette mutation.

Lors de son intervention en ouverture de la rencontre, le président du CESE, Ahmed Reda Chami, s’est déclaré convaincu que le Maroc peut devenir « un champion du monde » dans le domaine des énergies renouvelables, mettant en avant le potentiel éolien et solaire « exceptionnel » dont dispose le Maroc.

Pour ce faire, M. Chami a appelé à s’investir davantage pour accélérer le processus de la transition énergétique, rappelant les multiples acquis engrangés par le Royaume à travers sa stratégie énergétique adoptée en 2009. « Il s’agit maintenant d’aller plus loin et plus vite », a-t-il souligné, relevant les retombées « extrêmement positives » de l’accélération de la transition énergétique aussi bien sur les citoyens que sur les entreprises, notamment au niveau de la dépendance énergétique du Royaume. Selon le CESE, le Maroc pourrait atteindre un taux de seulement 17% d’ici 2050.

Ce indépendance énergétique conduira à une baisse du coût de l’électricité, ce qui aura le double effet de renforcer le pouvoir d’achat du citoyen, mais également la compétitivité des entreprises, surtout industrielles, a ajouté le président du CESE. Il a également mis en avant les avantages des opérations de dessalement de l’eau et appelé à développer la mobilité électrique.

De plus, selon M. Chami, l’exploitation de ces différents gisements serait à même d’ériger le Maroc en tant qu’exportateur d’énergie, électrique ou sous forme d’hydrogène, vers l’Europe principalement, ce qui va renforcer « notre position géostratégique avec ce partenaire extrêmement important ».

Pour sa part, Abdellah Mouttaqi, rapporteur de la thématique de la transition énergétique, a appelé à la mise en place d’une nouvelle stratégie pour accélérer la transition énergétique et installer le Maroc dans la croissance verte, notant que la réussite de cette stratégie passe par « une révision de la gouvernance du secteur notamment celui de l’électricité et hydrocarbures ».

Elle passe également, selon lui, par l’appropriation technologique et la participation de l’ensemble des parties prenantes, et ce par le biais d’une charte nationale de la transition énergétique.

Cette stratégie doit être basée sur la valorisation du potentiel de l’efficacité énergétique, de la production décentralisée et de la digitalisation, a estimé M. Mouttaqi, mettant l’accent sur la nécessité d’aller vers des filières d’avenir autour de l’hydrogène pour la production de molécules vertes.

Il a ainsi souligné l’impératif d’électrifier davantage le mix-énergétique avec comme origine l’hydrogène renouvelable, notant qu’en ce faisant, tous les indicateurs à savoir la dépendance énergétique, la dépendance aux produits pétroliers, ou encore la qualité de l’air vont inéluctablement s’améliorer.

Toutes ces nouvelles orientations et bien d’autres vont ériger le Maroc en tant que fournisseur bien positionné capable d’exporter de l’électricité verte vers ses partenaires européens, a ajouté M. Mouttaqi.

Conformément à l’article 6 de la loi organique N 128-12 relative à son organisation et à son fonctionnement, le CESE s’est auto-saisi aux fins de produire cet avis sur la transition énergétique. Ainsi, le Bureau du Conseil a confié à la Commission chargée de l’environnement et du développement durable l’élaboration de cet avis.

SB