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Sécurité routière : vers une nouvelle stratégie nationale pour enrayer la hausse des accidents

Sécurité routière : vers une nouvelle stratégie nationale pour enrayer la hausse des accidents

Par LNT
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La situation de la sécurité routière au Maroc continue de susciter de fortes inquiétudes. Réuni mardi à Rabat, le Comité permanent de la sécurité routière a examiné le projet de la Stratégie nationale de sécurité routière pour la période 2026-2030, ainsi que le plan d’action chargé d’en encadrer la mise en œuvre. Cette rencontre intervient dans un contexte marqué par une détérioration sensible des indicateurs, traduite par une hausse notable du nombre d’accidents et de leurs conséquences humaines au cours de l’année 2025.

Présidant la réunion, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a rappelé que les statistiques provisoires des onze premiers mois de l’année confirment une évolution défavorable par rapport à la même période de 2024. Le nombre de personnes décédées sur les routes a augmenté de 25,7 %, pour atteindre 4.160 victimes, tandis que celui des blessés graves a progressé de 13,5 %, soit 9.560 cas recensés. Ces chiffres traduisent, selon le ministre, une tendance haussière préoccupante qui appelle une réponse structurelle, au-delà des actions ponctuelles menées jusque-là.

Face à ce constat, le ministère du Transport et de la Logistique et l’Agence nationale de la sécurité routière ont conduit une étude stratégique destinée à évaluer la mise en œuvre de la Stratégie nationale 2017-2026 et à en tirer les enseignements. Cette analyse a servi de base à l’élaboration d’un nouveau cadre d’intervention couvrant la période 2026-2030, avec pour ambition de corriger les dysfonctionnements identifiés et de renforcer l’efficacité globale des politiques publiques en matière de prévention des accidents.

La future stratégie s’articule autour de plusieurs axes majeurs. Elle prévoit d’abord un renforcement de la gouvernance et du pilotage de la sécurité routière, afin d’améliorer la coordination entre les différents départements ministériels et institutions concernées. L’amélioration de la sécurité des infrastructures routières constitue un autre pilier central, à travers une meilleure prise en compte des risques dès la conception des projets, la correction des points noirs et l’adaptation des aménagements aux usages réels des voies.

Faire évoluer les comportements

La stratégie met également l’accent sur l’évolution du comportement des usagers de la route, en visant une intensification des actions de sensibilisation, de formation et de contrôle, afin de réduire les pratiques à risque. L’amélioration de la sécurité des véhicules figure aussi parmi les priorités, notamment à travers le renforcement des dispositifs de contrôle technique et l’encouragement à l’utilisation de technologies contribuant à la prévention des accidents. Enfin, le développement des interventions post-accident, qu’il s’agisse de la prise en charge des victimes ou de l’amélioration des délais d’intervention des services de secours, est présenté comme un levier essentiel pour limiter la gravité des conséquences humaines.

Ces orientations stratégiques sont déclinées dans un plan d’action détaillé, qui précise les mesures à entreprendre, les responsabilités de chaque acteur, les échéances prévues ainsi que les ressources financières et humaines à mobiliser. Cette approche se veut plus rigoureuse que par le passé, fondée sur une planification méthodique et sur des indicateurs de suivi et d’évaluation permettant d’apprécier concrètement les résultats obtenus.

Lors de la réunion, le ministre a insisté sur la nécessité d’associer étroitement les régions à l’actualisation et à la mise en œuvre de la Stratégie nationale 2026-2030. L’objectif est de tenir compte des spécificités territoriales, des contraintes locales et des priorités propres à chaque région, afin d’élaborer des feuilles de route adaptées. Dans ce cadre, les comités régionaux de sécurité routière sont appelés à jouer un rôle renforcé, à travers l’élaboration de plans régionaux cohérents avec les orientations nationales.

Pour appuyer ce déploiement territorial, l’Agence nationale de la sécurité routière travaille à la mise en place de nouveaux outils de gouvernance. Parmi eux figure le développement d’une plateforme numérique de gestion et de suivi des projets, destinée à offrir une visibilité en temps réel sur l’état d’avancement des actions, selon les axes stratégiques et les intervenants impliqués. Ce dispositif vise à améliorer la coordination, à identifier plus rapidement les retards ou les difficultés, et à renforcer la culture du pilotage par les résultats.

Le Comité permanent de la sécurité routière, a rappelé le ministre, demeure l’instance centrale de coordination de l’exécution de la stratégie au niveau national. Il est chargé non seulement d’assurer le suivi de la mise en œuvre du plan d’action, mais aussi de veiller à la cohérence des interventions menées par les différents acteurs et à l’articulation entre les niveaux national et régional.

À l’issue de la réunion, il a été souligné que la phase à venir nécessitera un renforcement de la coordination intersectorielle, une accélération des projets jugés prioritaires et une mobilisation accrue des ressources disponibles. La consolidation de la sécurité routière est ainsi présentée comme un chantier de long terme, qui ne pourra aboutir sans une implication soutenue de l’ensemble des parties prenantes.

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