Sport

Sara Elbekri, la colère d’une championne marocaine

le 30 avril 2015


Médaillée d’argent sur le 200m brasse aux championnats d’Afrique en 2006, médaillée d’or sur le 100m brasse et  sur le 50m brasse aux championnats d’Afrique en 2010,  médaillée d’or sur le 100m brasse aux jeux panarabes en 2007 et 2011, demi-finaliste aux Jeux Olympiques de Londres en 2012… Sara Elbekri compte à son actif de multiples records du Maroc et un palmarès très riche…

 

La Nouvelle Tribune : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?

Sara Elbekri : Je suis ingénieur et ancienne nageuse de haut niveau marocaine. J’ai eu l’honneur de représenter le Maroc en natation aux JO de Pékin en 2008, aux championnats d’Afrique en 2010, aux jeux panarabes en fin 2011 et aux JO de Londres en 2012.

 

Il y a quelques jours, vous avez exprimé votre déception sur votre page Facebook à l’égard de la FRMN, pourquoi?

J’ai lu avec intérêt les articles qui sont apparus il y a quelques jours au sujet de la cour des comptes, qui souhaite se pencher sur les subventions allouées par le ministère de la Jeunesse et des Sports aux fédérations.

Je me suis simplement dit qu’il fallait rendre public le fait que je réclame mon dû auprès de la FRMN (Fédération Royale Marocaine de Natation) depuis plusieurs années, et que j’attends que la fédération respecte sa promesse et son engagement écrit en 2012 de régulariser la situation.

A la suite d’évènements sportifs majeurs, les athlètes peuvent être récompensés de leurs efforts par des primes. Ces primes peuvent provenir de 3 institutions encadrant le sport: le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), le comité national olympique marocain (CNOM), ou la fédération en charge du sport en question. Quelle que soit l’institution qui alloue la prime, cette dernière transite souvent par les comptes de la fédération avant d’être reversée aux athlètes.

Depuis 2010, cette somme a atteint 1,388 millions de dirhams!!

Pour ne citer que les réalisations et performances majeures, j’ai remporté 6 médailles aux championnats d’Afrique en septembre 2010, 10 médailles aux Jeux Panarabes de Décembre 2011 et j’ai battu 51 records nationaux depuis 2010.

 

A votre avis, d’où vient ce problème et comment le résoudre ?

Je fais référence à de l’argent qui a existé physiquement. Il existe des écritures comptables qui correspondent à ces sommes dues, c’est de l’argent qui a été alloué à ce but. Selon moi, cet argent doit simplement revenir aux athlètes.

Je me suis adressée à la FRMN en 2012 en espérant trouver des gens responsables qui oeuvrent pour le bien des athlètes. Je trouve déplorable que l’on n’ait pas donné suite à mon dossier, à croire que la FRMN souhaiterait cacher le problème sous le tapis en espérant que je cesse de revendiquer mon droit.

Aujourd’hui, j’ai choisi de rendre mon affaire publique pour m’adresser à l’ensemble des personnes qui s’intéressent au sport et m’adresser également à la presse, le 4ème pouvoir.

 

Pourquoi avoir arrêté la natation en si bon chemin?

Quand on est un athlète, on est tributaire des fédérations pour construire un projet et atteindre ses objectifs. Au retour des JO 2012, à la lumière de ce problème expliqué précédemment et en l’absence de contact réel pour construire un projet pour l’olympiade 2012-2016, j’ai estimé qu’il n’y avait pas les conditions de confiance nécessaires pour continuer.

J’ai préféré tirer profit de mon diplôme d’ingénieur et me lancer pleinement dans un projet professionnel.

 

Après vous être éloignée des compétitions, vous n’avez pas oublié la natation pour autant, et avez traversé le détroit de Gibraltar. Avez-vous d’autres projets en vue?

Je continue de faire du sport, de la natation en particulier, et de tenter de nouveaux challenges. En effet, après une demi-finale aux JO de Londres en 2012, je me suis lancé le défi de traverser le détroit de Gibraltar à la nage.

Aujourd’hui, je n’envisage pas de reprendre le sport à haut niveau, car je n’estime pas qu’il y a un climat de confiance qui me permettrait de le faire.

Propos recueillis par Asmaa Loudni