Pedro Sanchez (g) et Pablo Iglesias au parlement espagnol à Madrid le 9 juillet 2019 © AFP PIERRE-PHILIPPE MARCOU

International

Sanchez entame sa course pour être reconduit à la tête de l’Espagne

le 22 juillet 2019


Le chef du gouvernement espagnol sortant, le socialiste Pedro Sanchez, présentait lundi le programme du gouvernement qu’il espère former avec la gauche radicale Podemos, afin d’être reconduit au pouvoir par les députés cette semaine.

Le débat parlementaire, qui devait débuter à 12H00 (10H00 GMT), a tout de la course contre la montre: les socialistes, avec 123 députés sur 350, ne se sont pas encore assurés les soutiens suffisants à la Chambre des députés.

Pour avoir une chance de remporter le vote d’investiture, Pedro Sanchez a besoin des voix des 42 députés de Podemos et de petits partis régionaux.

Après presque trois mois de blocage depuis les élections du 28 avril, socialistes et Podemos ont commencé seulement vendredi à négocier un gouvernement de coalition, mais espèrent parvenir à un accord in extremis.

Le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a débloqué la situation en renonçant à faire partie du prochain gouvernement, condition posée par Pedro Sanchez.

Si les tractations réussissent, l’Espagne aura son premier gouvernement de coalition et ses premiers ministres de gauche radicale depuis qu’elle est redevenue démocratique après la mort de Franco.

Si elles échouent, Pedro Sanchez aura encore deux mois pour retenter d’être investi, faute de quoi les Espagnols devront retourner aux urnes.

– Tractations opaques –

Lundi, le socialiste va exposer son programme à la chambre des députés, vraisemblablement sans être parvenu à un accord avec Podemos.

S’ensuivra un débat avec les groupes parlementaires, et un premier vote mardi, où il a besoin de 176 voix, une majorité absolue qu’il n’a pratiquement aucune chance d’obtenir.

C’est lors du second vote jeudi, où il a seulement besoin d’une majorité simple qu’il devra s’être assuré des soutiens suffisants.

Parti socialiste et Podemos ont jusqu’ici gardé un silence total sur le déroulement des tractations.

« L’opacité dans les négociations fait partie de ce cinéma, cette espèce de telenovela avec laquelle ils essaient de nous distraire », a attaqué Juan Carlos Girauta, porte-parole du parti libéral Ciudadanos résolument opposé à M. Sanchez, dans une interview télévisée.

« Tout le monde connaît déjà le dénouement », a-t-il affirmé tablant sur une reconduction de Pedro Sanchez à l’issue du second tour.

A droite, le Parti populaire (PP), Ciudadanos et l’extrême droite de Vox sont résolus à voter contre lui, l’accusant en particulier de vouloir faire des concessions aux indépendantistes catalans.

« Il veut se maintenir au pouvoir coûte que coûte », a lancé le conservateur José Antonio Bermudez de Castro sur la chaîne publique TVE.

Les indépendantistes catalans soufflent le chaud et le froid depuis que Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir, en juin 2018, grâce à leur soutien à sa motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy.

Le premier parti indépendantiste, la Gauche républicaine de Catalogne, « ne sera pas un obstacle » à reconduire Pedro Sanchez, a promis le chef du groupe parlementaire, Gabriel Rufian.

Mais le socialiste, fermement opposé à leurs revendications d’un référendum d’autodétermination, aurait voulu s’en passer, d’autant que ce sont les séparatistes qui ont précipité la convocation d’élections anticipées en avril, en refusant de voter le budget.

LNT avec Afp