Salaires: le SMIG à 5 000 dirhams devient le point commun des programmes électoraux

Par LNT
Lekjaa

Le Rassemblement national des indépendants s’est engagé vendredi à porter le salaire minimum de 3 400 à 5 000 dirhams. Réuni dimanche à Dakhla devant environ 17 000 personnes, le Parti authenticité et modernité a déclaré partager cet objectif, tout en interrogeant le financement des programmes sociaux existants. La convergence sur le chiffre laisse ouverte la question du calendrier.

L’engagement le plus visible de cette précampagne porte sur le salaire minimum. Le Rassemblement national des indépendants a annoncé le 5 septembre son intention de porter le salaire minimum interprofessionnel garanti à 5 000 dirhams, contre 3 400 dirhams aujourd’hui, dans le cadre de son volet consacré au pouvoir d’achat.

Deux jours plus tard, depuis Dakhla et devant environ 17 000 participants, Fouzi Lekjaa a indiqué au nom du Parti authenticité et modernité que sa formation partageait cet objectif, en déclarant que tous s’accordaient pour porter le salaire minimum à 5 000 dirhams.

Il a assorti cet accord d’une réserve, en interrogeant l’exécution des engagements électoraux antérieurs et le financement des programmes sociaux en cours, notamment l’enveloppe de 130 milliards de dirhams affectée par le gouvernement sortant à la réduction des disparités sociales et territoriales.

La convergence des deux principales formations de la majorité sortante sur un même chiffre appelle deux observations.

La première est arithmétique. Un relèvement de 3 400 à 5 000 dirhams représente une progression de 47%. Appliqué au secteur privé formel, il modifie la structure de coût des activités intensives en main-d’œuvre peu qualifiée, au premier rang desquelles l’agriculture, le textile, la construction et les centres d’appels, précisément les secteurs les plus exposés à la concurrence internationale par les coûts. Aucun des deux programmes ne précise à ce stade le calendrier ni le mécanisme de mise en œuvre, deux paramètres qui déterminent entièrement l’effet réel de la mesure.

La seconde est institutionnelle. Le salaire minimum ne relève pas de la seule décision gouvernementale mais du dialogue social tripartite associant l’État, les organisations patronales et les syndicats. Un engagement de campagne sur ce terrain constitue une position de négociation, non une décision.

Le débat s’inscrit dans un contexte documenté. La consommation des ménages progresse à un rythme très inférieur à celui du produit intérieur brut, le crédit aux ménages stagne à 3,3% quand celui des entreprises privées atteint 11%, et le taux d’activité demeure faible, particulièrement chez les femmes. L’écart entre performance macroéconomique et pouvoir d’achat ressenti constitue le thème central de la campagne qui s’ouvre le 10 septembre.

Les deux formations avancent par ailleurs un objectif d’un million d’emplois créés, le Parti authenticité et modernité chiffrant son programme à 350 milliards de dirhams sur cinq ans, soit environ 70 milliards par an.

LNT

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