Économie et Finance

Saham, holding, finance et assurance, une histoire de poupées russes…

le 21 mars 2018


Saham Holding, Saham Finances et Saham Assurance sont comme trois «matriochkas», ces poupées gigognes russes qui s’emboitent l’une dans l’autre, de la plus petite à la plus grande car Saham Holding est la société mère qui détient Saham Finances laquelle est majoritaire dans Saham Assurance !

A ce titre, il est légitime de s’interroger, après l’opération stratégique qui vient d’être annoncée entre le Groupe Saham et son alter ego sud-africain Sanlam sur le modus operandi concret de ce « deal » portant sur le pôle Assurances du premier.

Cette question se pose tout particulièrement pour la société cotée Saham Assurance Maroc.

En effet, quand le communiqué du Groupe Saham est paru, nombre de personnes ont cru que les filiales africaines qu’il évoquait ne concernaient pas Saham Assurance, mais uniquement les filiales disséminées en Afrique et qui pouvaient naturellement intéresser le premier opérateur de l’assurance sur le continent, qu’est Sanlam.

Sauf que ce même communiqué a mis la puce à l’oreille de plusieurs de ses lecteurs en puisqu’il évoquait une Offre Publique d’Achat, laquelle ne pouvait concerner que Saham Assurance, cotée à la bourse de Casablanca.

Une évidence est alors apparue, celle que le Groupe Saham avait vendu l’intégralité de ses filiales d’assurance y compris la Marocaine.

Toutefois, il faut savoir que Saham Assurance qui appartenait en majorité à Saham Finances à hauteur de 58,48%, était aussi détenue par le holding Sanam pour 21,56% du capital.

Il apparaît donc clairement que si Sanlam a racheté Saham Finances, en y portant sa participation de 46,6% à 100%, cela signifie qu’il a acquis l’intégralité du portefeuille de cette dernière dont les 58,48% de Saham Assurance.

En conséquence, Saham Groupe sort ainsi de l’assurance au Maroc et Saham Assurance change d’actionnaire majoritaire ultime car le majoritaire direct est Saham Finances !

Pour autant, la réglementation de la bourse dit que tout nouvel actionnaire qui détient un minimum de 40% d’une société cotée est soumis à l’obligation de procéder à une Offre Publique d’Achat, OPA, ce qui est le cas pour Sanlam.

Pour aller jusqu’au bout de la procédure qui s’impose au nouvel actionnaire de Saham Assurance, dans le cas où l’OPA en question se solderait par un apport tel que Sanlam concentrerait plus de 95% du capital, alors celui-ci devrait enchainer avec une OPR, Offre Publique de Rachat, laquelle pourrait se solder par un retrait de la côte de Saham Assurance.

Toutefois, il est aussi possible que la société d’assurance reste cotée en bourse pour peu que l’une de ces étapes démontre que les actionnaires minoritaires en partie préfèrent garder leurs titres.

Ce qui peut être un calcul des institutionnels tout du moins, lesquels ont grassement profité de l’extraordinaire évolution du cours de Saham Assurance qui a crû de 29,87 % en 2017 et de 49,85 % depuis 2015.

De plus, la valeur de l’action Saham Assurance résiste très bien depuis l’annonce de la cession de la société avec un cours autour de 1500 dirhams, en continuant à être liquide dans des volumes importants.

En outre, Sanlam, le nouvel actionnaire de Saham Assurance, a clairement exprimé sa préférence de ne pas retirer de la cote sa nouvelle acquisition.

A la Bourse de Casablanca, les deux seuls exemples du genre sont ceux de Centrale Danone et de CIMAF qui n’ont pas abouti à des retraits de la cote …

 

Afifa Dassouli


Afifa Dassouli

POUR ALLER PLUS LOIN