La coalition conduite par l’Arabie saoudite a bombardé mardi le site pétrolier d’al-Sabaha, à l’ouest de Sanaa, propriété de la Yemen Petroleum Company, selon la chaîne affiliée aux Houthis. La coalition avait au préalable demandé aux civils d’évacuer le site, premier avertissement de ce type depuis la reprise des hostilités en juillet.
La compagnie pétrolière yéménite a indiqué avoir pris des mesures de précaution et affirmé que le site ne contenait aucun stock de produits pétroliers au moment de la frappe, sans conséquence sur l’approvisionnement.
Les Houthis ont annoncé une riposte sévère et désigné leurs cibles : une raffinerie et l’aéroport de Ryad, ainsi que les installations de la compagnie nationale saoudienne à Dammam. Ils ont appelé les civils à s’éloigner de ces sites et averti que l’espace aérien saoudien n’était pas sûr.
Le royaume a annoncé avoir intercepté plusieurs drones au nord de Ryad. Il a promis de répondre aux attaques répétées contre ses aéroports et ses installations économiques, et averti qu’il ne tolérerait aucune menace en mer Rouge. Lundi, les autorités avaient appelé pour la première fois depuis des semaines les habitants de la capitale à se mettre à l’abri après de fortes explosions.
L’attaque du samedi 10 octobre contre l’aéroport international de Ryad avait fait treize morts et des centaines de blessés. La plateforme reste fermée jusqu’au 17 octobre selon l’avis aux navigateurs aériens publié lundi, et une dizaine de compagnies aériennes ont annulé ou reporté leurs liaisons avec le royaume. Le niveau des attaques houthies est le plus élevé depuis 2015.
Le coût économique devient mesurable. Le Fonds monétaire international anticipe une contraction de 3,3% du produit intérieur brut saoudien cette année, soit cinq points de moins que sa prévision de juillet, estimation qui ne tient pas compte des dernières attaques ni du contrôle houthi du détroit de Bab el-Mandeb. Le ministère saoudien de l’Énergie a reconnu que le royaume était mis à l’épreuve.
Sur le terrain, les combats à Taëz, troisième ville du pays, ont fait plus de soixante morts entre dimanche et lundi selon des sources militaires des deux camps. Le Comité international de la Croix-Rouge appelle à la désescalade et l’Organisation mondiale de la santé signale que les cas suspects de choléra ont triplé en trois semaines au Yémen.
LNT