Le parti Russie unie a remporté 355 des 450 sièges de la Douma d’État à l’issue du scrutin des 18, 19 et 20 septembre, dépassant largement le seuil de 301 sièges requis pour disposer d’une majorité constitutionnelle. Il s’agit du groupe parlementaire le plus important de l’histoire de la formation, supérieur aux 343 députés obtenus en 2016.
Sur la part proportionnelle, après dépouillement de 95,18% des bulletins, Russie unie recueille 57,83% des voix, devant le Parti communiste à 13,81%, le Parti libéral-démocrate à 8,98%, Nouvelles Personnes à 7,96% et Russie juste à 4,96%, cette dernière passant sous le seuil de 5%. Dans les circonscriptions uninominales, le parti au pouvoir arrive en tête dans 208 des 225 sièges, contre cinq pour les communistes, quatre pour Russie juste, quatre pour des indépendants, deux pour les libéraux-démocrates et un pour Rodina.
La répartition finale donne 40 sièges au Parti communiste, 25 au Parti libéral-démocrate, 20 à Nouvelles Personnes et 4 à Russie juste.
La Commission électorale centrale a fait état d’une participation de 59,32%, présentée par sa présidente Ella Pamfilova comme un record pour ce type de scrutin. Ce chiffre constitue l’indicateur politique central de l’opération, le pouvoir le présentant comme une mesure d’adhésion populaire.
Le contexte du vote en limite toutefois la portée démonstrative. Le dernier parti enregistré ouvertement opposé à la guerre en Ukraine, Iabloko, a été retiré de la compétition par la Cour suprême le 10 août, cinq semaines avant l’ouverture des bureaux. L’opposition dite non systémique a été réduite par l’emprisonnement, les désignations comme agents de l’étranger et l’exil. Toutes les formations en lice soutenaient l’intervention militaire.
Un vote a par ailleurs été organisé dans les territoires ukrainiens occupés, opération contre laquelle Kiev et Chisinau ont protesté, y voyant une atteinte à leur souveraineté. Ces suffrages ont été intégrés au décompte national.
LNT
