Photo Ahmed Boussarhane, LNT

Politique

Le RNI fait sa mue : Monsieur Agharass, un an après !

le 29 janvier 2018


Aziz Akhannouch, Président du parti de la Colombe depuis 2017, était à Casablanca samedi dernier. Le lendemain, il s’est rendu à Guelmim. Les semaines précédentes, on l’a vu à Fès, à Meknès, à Jerada, à Oujda et dans bien d’autres villes et localités du Royaume.

A la tête depuis plus d’un an de la formation fondée par Ahmed Osman à la fin de la décennie 70, Aziz Akhannouch est aujourd’hui sur tous les fronts avec ce grand objectif de restructurer une formation considérée depuis plus de 40 ans comme un relais du Pouvoir.

Pour nombre de citoyens et d’observateurs, le RNI était un parti de l’Administration, élitiste, composé essentiellement de notables et de hauts fonctionnaires, de technocrates et de carriéristes. Un parti également fortement implanté dans les administrations territoriales et régionales.

A travers son histoire, le RNI a toujours figuré dans le top 5 des partis vainqueurs des élections. Sa contribution intellectuelle était maigre et cette formation se cantonnait ainsi à la participation gouvernementale, faisant fi des grandes questions qui taraudaient les esprits ou constituaient l’actualité sociale .

Il est aussi important de rappeler que depuis sa création, en 1978, le RNI n’a organisé que 6 congrès nationaux. Son fondateur, Ahmed Osman, en est resté 30 ans le président sans avoir tenu plus de trois congrès, et son successeur, Mustapha Mansouri, a été renversé par Salaheddine Mezouar dans des circonstances qui ont défrayé la chronique à l’époque.

Lui-même sera remplacé par Aziz Akhannouch, littéralement plébiscité par  » la base  » du RNI au lendemain de la défaite historique de ce parti lors des élections législatives de l’automne 2016.

Et le 19 mai 2107, lors du 6è congrès national à El Jadida, Aziz Akhannouch lance un slogan qui en dit long :  »C’est ici que tout commence » et qui sonne comme un ordre de bataille pour une nouvelle vie du RNI restructuré, revitalisé, rajeuni et déterminé à enlever la tache originelle de parti makhzénien apposée depuis sa création en 1978.

Plus d’un an après le meeting d’Agadir qui avait lancé Aziz Akhannouch sur la voie du renouveau, le patron des  »Bleus » semble être sur la bonne voie.

L’organisation de la Chabiba, qui n’avait jamais existé auparavant, a été créée. Idem pour celles des femmes et des corps professionnels. Au menu aussi, une panoplie de congrès et meetings régionaux tenues à travers les villes et provinces du pays.

Et dans ce sillage du changement en cours, il y a aussi le profil du Président Akhannouch.

Contrairement à ses prédécesseurs, l’homme se veut pragmatique, engagé et responsable. Un leader aux allures d’un manager, préférant aller droit au but, sans langue de bois, ni détournement d’où justement le nouveau slogan du parti :  »Agharass, Agharass ».

 »Nous ne sommes pas des vendeurs de rêves et nous ne contentons pas uniquement du diagnostic…Nous sommes là pour des solutions réalistes et réalisables et le tout pour la justice sociale escomptée », a dit Aziz Akhannouch lors du congrès régional Casablanca-Settat samedi dernier à Casablanca.

A en déduire et sans risque de se tromper que la réorganisation interne, la proximité, l’écoute et l’ouverture sont en effet en marche.

En effet, samedi dernier, à l’Office des Changes de Casablanca, le Président du RNI a souligné que les dirigeants et les militants ambitionnent de faire du RNI  »un parti d’institutions et non de personnes, afin de contribuer, avec efficacité et crédibilité, aux grands chantiers de développement que connait le Royaume ».

Et d’inviter les militants, les structures et les organisations parallèles du parti à s’impliquer, sur la base d’une réflexion collective, dans la nouvelle dynamique enclenchée par la réforme des secteurs sociaux prioritaires, adoptée par le parti lors du 6-ème congrès national, en mai dernier à El Jadida.

Et de faire savoir que le congrès régional de la région Casablanca-Settat est une nouvelle occasion pour échanger les vues et impliquer les militants dans la réflexion sur le projet ambitieux du RNI et les solutions adéquates aux problématiques prioritaires, notamment les secteurs de l’enseignement, la santé et l’emploi.

Comme on le voit donc, on peut en déduire qu’aussi bien dans le cadre de ses activités partisanes qu’en tant que ministre de l’Agriculture, l’homme bouge, donnant ainsi l’image d’un RNI en voie de rupture avec son passé.

Un RNI dynamique, proche et à l’écoute de la population, pragmatique, réaliste et soucieux des attentes des Marocains.

Néanmoins, les quelques  »Baltagias » d’antan, toujours présents, et autres opportunistes qui voient en Akhannouch la garantie d’une carrière politique, risquent de ternir l’image d’une personnalité qualifiée par beaucoup  »d’Ould Ennas ».

Aziz Akhannouch aura donc l’impérieux devoir de choisir avec minutie ceux qui mèneront le combat de la résurrection du RNI avec lui, sachant que la ligne d’horizon, c’est-à-dire les prochaines législatives, se rapproche de jour en jour !!!

Hassan Zaatit

Encadré :
Contre le chômage, la recette d’Akhannouch

A Casablanca et abordant la problématique du chômage des jeunes diplômés, Aziz Akhannouch a mis l’accent sur l’importance de la qualification de cette catégorie et son intégration dans le marché de l’emploi, soulignant dans ce sens la nécessité de saisir les potentialités économiques et opportunités qu’offre le pays. Selon lui, il faut encourager l’auto-emploi, lequel constitue une locomotive de développement.
De même, la création d’emplois décents au profit des jeunes exige une vision novatrice à même de garantir les conditions d’une vie digne aux jeunes diplômés, a soutenu le président du RNI, faisant observer que  »la création de plus 140.000 emplois est impossible sans l’investissement privé, surtout que le secteur public est devenu incapable d’absorber le nombre croissant des demandeurs d’emploi ».
Il a de même mis en avant l’impératif de promouvoir l’investissement et de redonner confiance aux investisseurs, tout en encourageant les entreprises à créer les opportunités d’emploi, affirmant que le Maroc, grâce à sa stabilité politique et économique, est capable de réussir ce défi.

HZ