Rentrée : plus de 20% des manuels des écoles pionnières manquaient encore à l’appel

Par LNT
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Une semaine après la reprise des cours, la distribution des manuels scolaires reste incomplète, en particulier pour les établissements du programme des écoles pionnières. À la mi-août, entre 70 et 80% seulement des titres destinés à ces écoles étaient disponibles chez les distributeurs, laissant plus d’un cinquième des ouvrages absents des rayons.

Les tensions d’approvisionnement s’accompagnent d’un renchérissement. Les manuels en langue française ont augmenté d’environ 5 dirhams par rapport à l’année précédente, ceux en langue arabe d’environ 9 dirhams. Pour une famille équipant plusieurs enfants, l’écart cumulé se mesure en dizaines de dirhams, à un moment où le budget de rentrée concentre également les frais de fournitures et de transport scolaire.

Les causes tiennent à une recomposition du marché du manuel. Le ministère de l’Éducation nationale conçoit désormais directement les contenus des ouvrages destinés aux écoles pionnières, réduisant le rôle des éditeurs à l’impression et à la distribution. Cette évolution s’est traduite par une compression des marges de détail, ramenées de 20 à 25% à une fourchette de 10 à 15%, qui rend la vente peu rentable dans les zones éloignées où les volumes sont faibles et les coûts de transport élevés. S’y ajoute une contrainte technique : le nouveau format retenu, 21 sur 29,7 centimètres, dépasse les capacités de plusieurs imprimeries nationales, ce qui allonge les délais et concentre les commandes sur un nombre restreint d’ateliers.

Le caractère évolutif des contenus pédagogiques constitue un troisième facteur. Les ajustements successifs apportés au dispositif dissuadent les libraires de constituer des stocks importants, par crainte d’invendus en cas de modification des programmes, ce qui accentue les ruptures en début d’année.

Le conflit commercial s’est traduit par un mouvement de boycott. Le 14 août, des libraires ont annoncé refuser la commercialisation de certains manuels des écoles pionnières, visant trois sociétés de diffusion, El Maârif, Sochepress et la Librairie des Écoles, au motif que les marges consenties étaient intenables. L’Alliance des libraires du Maroc a par ailleurs demandé un renforcement des contrôles à l’encontre des vendeurs informels et des points de vente non agréés, qui captent une partie du marché en période de rentrée.

Le ministère a réagi à partir du 28 août en demandant à ses services régionaux de procéder à des vérifications sur place des stocks disponibles et d’organiser des réunions de suivi tous les quinze jours, afin d’identifier les points de blocage dans la chaîne de distribution. Aucune évaluation consolidée du taux de couverture n’a été publiée depuis la rentrée.

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