Des membres de l'armée syrienne, le 10 septembre 2017 près de Deir Ezzor en Syrie © AFP George OURFALIAN

International

Renforts de l’armée syrienne à Deir Ezzor pour un nouvel assaut contre Daech

le 11 septembre 2017


Des renforts de l’armée syrienne sont arrivés en masse lundi à Deir Ezzor, dans l’est du pays, en prévision d’une offensive visant à chasser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) de la moitié de la ville encore sous leur contrôle.

Riche en pétrole et frontalière de l’Irak, la province de Deir Ezzor est la dernière de Syrie encore largement contrôlée par les jihadistes. Deux offensives distinctes -l’une soutenue par Moscou, l’autre par Washington- y sont menées pour reprendre à l’EI les territoires entre ses mains.

Une perte de la province porterait un coup très dur à l’organisation ultraradicale qui a vu son pouvoir se rétrécir comme une peau de chagrin, tant en Syrie qu’en Irak voisin, après sa montée en puissance fulgurante en 2014.

« Des renforts militaires importants, comprenant des hommes et des équipements, sont arrivés à Deir Ezzor, en vue du début de l’offensive qui vise à chasser l’EI des quartiers est de la ville », a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les jihadistes et le régime « se partagent désormais la ville de manière égale, 50% pour chaque partie », a assuré le directeur de l’ONG basée en Grande-Bretagne, Rami Abdel Rahmane.

En prévision de l’assaut, « d’intenses frappes aériennes russes et des raids menés par des avions syriens visaient les positions des jihadistes dans la ville et ses alentours », a-t-il précisé.

La nouvelle offensive intervient alors que l’armée du régime a réussi la semaine dernière à briser le siège de deux enclaves gouvernementales de Deir Ezzor, encerclées depuis près de trois ans par les jihadistes et où vivent selon l’ONU plus de 90.000 personnes.

– Avancée des FDS –

Grâce à l’appui de l’aviation russe, allié indéfectible du régime, les forces progouvernementales ont repris dimanche le contrôle de zones montagneuses stratégiques, surplombant le sud de la ville et l’aéroport militaire de Deir Ezzor.

Dans ce contexte, l’armée russe a annoncé lundi l’envoi d’une quarantaine de démineurs à Deir Ezzor.

Mais la guerre en Syrie s’est complexifiée au fil des ans avec l’implication de pays étrangers et de groupes jihadistes, sur un territoire de plus en plus morcelé. Une situation qui s’illustre aujourd’hui à Deir Ezzor.

Le régime est engagé dans l’ouest de la province, divisée diagonalement par le fleuve Euphrate. Et les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par Washington, ont lancé une opération pour chasser l’EI des territoires sur la rive est du fleuve.

Après une avancée rapide, les combattants des FDS se trouvent désormais à « six kilomètres de la rive est, face à la ville de Deir Ezzor », située elle sur la rive ouest, selon l’OSDH.

Les FDS assurent qu’il n’y a pas de coordination avec les forces du régime. Mais selon la coalition internationale emmenée par Washington, il existe dans la zone une « ligne de déconfliction », pour éviter tout incident entre les multiples acteurs engagés sur le terrain.

– Aide humanitaire –

Même si les FDS ne sont pas présentes dans la ville de Deir Ezzor, des dirigeants tribaux soutenant l’alliance arabo-kurde ont mis en place un « comité préparatoire » en vue de créer un conseil civil chargé d’administrer la cité après la défaite de l’EI.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de savoir si le conseil travaillerait ou non en coopération avec le régime, qui contrôle déjà plusieurs quartiers de la ville.

Alors que le conflit en Syrie a fait plus de 330.000 morts et des millions de déplacés, Moscou a appelé lundi l’émissaire de l’ONU en Syrie Staffan de Mistura et la communauté internationale à augmenter « d’urgence » l’aide humanitaire en Syrie et à prendre part à la reconstruction du pays.

La Russie et la Jordanie ont par ailleurs qualifié de « succès » le cessez-le-feu négocié avec les Etats-Unis dans le sud de la Syrie, dans les provinces de Deraa, Qouneitra et Soueida, et qui est globalement respecté depuis son entrée en vigueur début juillet.

Ces derniers mois, le régime a le vent en poupe, multipliant les victoires. La Russie et l’Iran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté en mai un plan visant à créer des zones de désescalade pour instaurer une trêve durable dans plusieurs régions du pays.

LNT avec Afp