Real Madrid : Florentino Pérez s’accroche au pouvoir malgré le fiasco

Par LNT
Florentino-Perez

Rarement une conférence de presse de Florentino Pérez aura autant symbolisé la dérive d’un président longtemps considéré comme intouchable. Mardi soir, dans une intervention improvisée et tendue à Valdebebas, le patron du Real Madrid a tenté de reprendre le contrôle d’un club en pleine crise sportive et institutionnelle. Mais derrière les attaques contre les médias et les discours sur “les ennemis du Real”, beaucoup ont surtout vu un dirigeant fragilisé, incapable d’assumer ses propres responsabilités.

Alors que plusieurs rumeurs évoquaient une possible démission après une saison catastrophique, Florentino Pérez a finalement annoncé… des élections présidentielles auxquelles il compte lui-même se représenter. Une sortie perçue par de nombreux observateurs espagnols comme une tentative de verrouiller encore davantage le pouvoir au sein d’un club où les conditions pour se présenter à la présidence sont devenues presque inaccessibles pour d’éventuels opposants.

Le timing de cette conférence en dit long sur l’état du Real Madrid. Le club sort d’une saison blanche : élimination en Ligue des champions face au Bayern, Liga perdue contre le FC Barcelona, Coupe du Roi ratée et instabilité permanente sur le banc après les passages de Xabi Alonso puis d’Álvaro Arbeloa. Même l’arrivée de Kylian Mbappé n’a pas permis d’éviter une débâcle sportive historique pour le club madrilène.

Mais au lieu d’un mea culpa, Florentino Pérez a choisi l’affrontement. Durant près d’une heure, il s’en est pris aux journalistes, aux médias espagnols et à ce qu’il qualifie de “campagne organisée” contre sa personne. Plusieurs médias ibériques décrivent une conférence lunaire, parfois agressive, où le président madrilène semblait davantage obsédé par les critiques médiatiques que par les problèmes réels de son équipe.

Plus inquiétant encore : Florentino Pérez a minimisé plusieurs dysfonctionnements internes récents, notamment l’altercation entre Federico Valverde et Aurélien Tchouaméni, pourtant devenue un symbole du climat explosif qui règne actuellement au sein du vestiaire madrilène. Pour le président, le véritable problème ne serait pas l’incident lui-même… mais sa fuite dans la presse. Une posture qui illustre la culture du secret et du contrôle devenue omniprésente au Real Madrid version Pérez.

Depuis plusieurs années, les critiques contre Florentino Pérez s’accumulent : concentration du pouvoir, gouvernance opaque, obsession pour les projets commerciaux et communication ultra-contrôlée. Le nouveau Bernabéu, vendu comme une révolution économique, continue de susciter des interrogations sur son coût colossal, tandis que la politique des “Galactiques” semble désormais incapable de masquer les carences structurelles du club.

Longtemps présenté comme le président le plus puissant du football mondial, Florentino Pérez apparaît aujourd’hui comme un dirigeant usé, enfermé dans une logique de confrontation permanente. Son discours de mardi soir a surtout donné l’impression d’un homme refusant d’accepter que le Real Madrid traverse peut-être la plus profonde crise de son ère moderne. Une crise dont il est, pour beaucoup de supporters et d’observateurs espagnols, le principal responsable.

 

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