Rabat : les régions au cœur du développement des clusters maritimes et de l’économie bleue
L’Association des Régions du Maroc, en partenariat avec l’initiative WestMED, a organisé à Rabat une conférence réunissant plus de 150 responsables institutionnels, experts et partenaires internationaux autour du rôle des régions dans le développement des clusters maritimes. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique visant à structurer une économie bleue compétitive et durable à l’échelle nationale.
Cet événement a rassemblé un large éventail d’acteurs, comprenant des membres du gouvernement, des présidents de conseils régionaux, des représentants d’institutions publiques ainsi que des intervenants issus des sphères économique et territoriale, notamment des centres régionaux d’investissement et des autorités portuaires.
Les échanges ont mis en lumière le rôle central des régions dans la structuration des filières maritimes, dans un contexte où les territoires sont appelés à devenir des moteurs de développement économique. L’objectif affiché est de favoriser une approche intégrée, mobilisant à la fois les politiques publiques, les initiatives privées et les capacités d’innovation locales.
Avec plus de 3.500 kilomètres de littoral et une zone économique exclusive estimée à environ 1,2 million de kilomètres carrés, le Maroc dispose d’atouts significatifs pour développer une économie bleue à fort potentiel de croissance. Cette dernière recouvre plusieurs secteurs stratégiques, allant de la pêche et de l’aquaculture aux énergies marines renouvelables, en passant par la logistique portuaire et le tourisme côtier.
Dans ce contexte, la mise en place de clusters maritimes régionaux apparaît comme un levier structurant. Ces écosystèmes visent à regrouper entreprises, institutions publiques, centres de recherche et acteurs financiers autour de projets communs, afin de stimuler l’innovation, renforcer les compétences et soutenir la création de valeur au niveau territorial.
Les discussions ont porté sur les conditions nécessaires à l’émergence de ces clusters, notamment en matière de gouvernance, de financement et de coordination entre les différents acteurs. Les participants ont souligné l’importance de concevoir des modèles adaptés aux spécificités de chaque région côtière, en tenant compte de leurs ressources naturelles, de leur tissu économique et de leurs besoins en compétences.
Dans cette perspective, les clusters sont appelés à jouer un rôle clé dans la création d’emplois et le développement de nouvelles filières industrielles, tout en contribuant à une gestion durable des ressources maritimes.
La conférence a également été l’occasion d’examiner plusieurs expériences internationales, notamment dans les espaces méditerranéen et européen, en matière de structuration de clusters maritimes. Ces retours d’expérience ont permis d’identifier des bonnes pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte marocain.
Les échanges ont par ailleurs mis en perspective les opportunités offertes par la stratégie nationale de l’économie bleue, qui vise à accompagner la montée en puissance de ces écosystèmes à l’échelle des territoires et à renforcer leur intégration dans les chaînes de valeur internationales.
Les travaux se sont articulés autour de trois axes principaux : le rôle des clusters dans le développement de l’économie bleue à l’international, les approches opérationnelles de leur déploiement au niveau régional, ainsi que les enjeux liés à l’accès aux financements et au renforcement des capacités.
La question du financement, en particulier, a été identifiée comme un facteur déterminant pour la réussite des projets, nécessitant une mobilisation accrue des instruments de finance bleue et une meilleure structuration des projets à fort impact.
La rencontre s’est conclue par la lecture de « l’Appel de Rabat », qui réaffirme la nécessité de renforcer le rôle des régions dans le développement de l’économie bleue. Ce document souligne également l’importance de promouvoir des clusters maritimes adaptés aux réalités territoriales, de consolider la coopération internationale et de poursuivre les diagnostics territoriaux en vue de faire émerger des projets intégrés.
LNT
