Au moins 13 personnes ont perdu la vie et 66 autres ont été blessées dans l’explosion survenue au complexe gazier de Ras Laffan, au Qatar, selon un nouveau bilan communiqué lundi par les autorités qatariennes. L’accident s’est produit alors que des équipes tentaient de remettre en service une partie des installations après plusieurs mois de perturbations.
L’explosion a touché l’installation de Barzan, située au sein de la vaste zone industrielle de Ras Laffan, à environ 80 kilomètres au nord de Doha. Un important incendie s’est déclaré à la suite de la déflagration, mobilisant les services d’urgence qatariens pendant plusieurs heures avant que le feu ne soit maîtrisé.
Selon le ministre qatari de l’Énergie, Saad Al-Kaabi, les premières investigations privilégient la piste d’un accident technique survenu lors de la phase de redémarrage des équipements. Les autorités ont écarté, à ce stade, toute hypothèse de sabotage ou d’attaque extérieure. Une enquête a toutefois été ouverte afin de déterminer avec précision les causes du drame.
Le complexe de Ras Laffan constitue le cœur de l’industrie gazière qatarienne et abrite la plus importante plateforme mondiale d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). Le site joue un rôle central dans l’approvisionnement énergétique du pays ainsi que dans ses exportations vers l’Europe et l’Asie.
L’usine de Barzan, plus particulièrement, est essentielle à l’alimentation du marché intérieur qatari. Elle fournit du gaz destiné à la production d’électricité ainsi qu’aux installations de dessalement de l’eau de mer, cruciales pour un pays largement dépendant de cette technologie.
L’accident intervient alors que le Qatar s’efforçait de relancer progressivement ses activités gazières après plusieurs mois de perturbations. En mars dernier, le site de Ras Laffan avait subi d’importants dégâts lors d’attaques de missiles et de drones attribuées à l’Iran dans le contexte des tensions régionales. Ces événements avaient contraint Doha à suspendre une partie de sa production.
Les autorités qatariennes assurent néanmoins que les capacités d’exportation du pays ne sont pas remises en cause à court terme et qu’aucune fuite susceptible de menacer la population ou l’environnement n’a été détectée. Des opérations de vérification et d’évaluation des dommages sont actuellement en cours.
Même si Doha affirme que les exportations de GNL peuvent se poursuivre, l’explosion suscite des inquiétudes sur les marchés internationaux de l’énergie. Le Qatar figure parmi les principaux exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié, et toute perturbation durable de ses infrastructures pourrait avoir des répercussions sur les approvisionnements et les prix mondiaux.
Les équipes de secours poursuivaient par ailleurs leurs opérations de recherche sur le site, plusieurs personnes ayant initialement été signalées disparues après l’explosion.
LNT
