La Nouvelle Tribune

Le Prix Grand Atlas 2019 dévoile ses gagnants

La cérémonie de remise du Prix Grand Atlas 2019, pour sa 25e édition, a eu lieu jeudi 14 février au Musée Mohammed VI d’Art Moderne et Contemporain. Parmi les 28 ouvrages en lice cette année, deux prix ont été décernés à des écrivains qui ont mis à l’honneur la littérature marocaine francophone et la traduction littéraire du français vers l’arabe.

Dans la catégorie « Fiction francophone », Ahmed Boukous a été primé pour son premier roman Rhapsodies de Tanit la captive (La Croisée des chemins). Le livre est un fragment de vie de Tanit, cette héroïne qui essaie de s’émanciper du joug du conservatisme et qui se retrouve captive d’inquisiteurs zélotes. L’écriture narrative épouse les méandres de rhapsodies où la quête du bonheur et l’euphorie du ravissement le disputent au délire obsidional et à la violence sociale.

Le Prix de la « Traduction » a été décerné exæquo à Hamid Guessous pour la traduction du roman La matière de l’absence de Patrick Chamoiseau, Seuil (مادة الغياب، دار النشر توبقال), et à Azzeddine Chentouf pour la traduction de l’essai L’Écriture du désastre de Maurice Blanchot, Gallimard, (كتابة الفاجعة، دار النشر توبقال).

Dans La matière de l’absence, l’écrivain visite l’histoire méconnue des Antilles, leurs genèses, leurs rituels, leurs modes de vie, remontant aux origines de l’humanité, retraçant l’étonnante créativité d’un peuple qui a inauguré ses mythes et ses combats dans le ventre du bateau négrier.

Quant à L’Ecriture du désastre, c’est un texte qui est en prise sur l’Histoire, hanté par le souvenir des camps d’extermination. Texte dialogique, Maurice Blanchot y commente aussi des propositions de Lévinas, Derrida et Leclaire.

Présidé par la philosophe Barbara Cassin, le jury de cette 25e édition du Prix Grand Atlas a été composé de Frédéric Lagrange, professeur des Universités et spécialiste de la traduction de l’arabe, Zakia Sinaceur, chercheure et spécialiste de la traduction, Abdesslam Benabdelali, philosophe et traducteur, Sanaa Ghouati, universitaire, Miriam Diouri, libraire, Bernard Magnier, journaliste littéraire et enfin Nezha Lakhal, conteuse, musicienne et auteure.

LNT avec CdP