Presse, les chiens…

le 27 décembre 2018


Depuis le terrible drame de l’assassinat de deux touristes scandinaves près d’Imlil, par un quarteron de brutes épaisses se réclamant de Daech, la presse algérienne est quasiment entrée en transes !

Il n’est de jour depuis ce funeste lundi 17 décembre où les plumitifs algériens ne se réjouissent, sans vergogne, de cet acte barbare, profitant de ce drame pour stigmatiser le Maroc et les Marocains, qui seraient, du premier au dernier, partisans ou membres actifs du terrorisme islamiste.

Les charognards…

Citant à l’envi un article du scabreux Sun, le plus connu des journaux de caniveau de la presse londonienne, les titres algériens, toutes langues confondues, s’emploient à démontrer à leurs lecteurs que le Maroc n’est pas un pays sûr et que la grande majorité des terroristes de Daech en Syrie est d’origine marocaine.

Rajoutant chaque jour une couche à leur sale travail de dénaturation des faits, la presse du voisin de l’Est fait des gorges chaudes et roucoule de plaisir en annonçant que l’industrie du Tourisme en sera affectée, que le Royaume s’enfoncera encore plus dans la crise, que les étrangers vont s’empresser de déserter le Royaume ou s’abstenir désormais de s’y rendre.

Pour ces titres «vautours», les capitales européennes seraient menacées par les terroristes marocains affiliés à Daech et l’Espagne, (qui entretient des rapports d’une qualité élevée sur le plan sécuritaire avec le Maroc), constituerait le pays le plus menacé.

Ces articles de la presse voisine sont inadmissibles, inacceptables et relèvent véritablement de l’infamie !

La paille et la poutre

Avec de tels comportements, la presse algérienne viole allègrement la déontologie et l’éthique journalistique en privilégiant des accusations à charge outrancières et systématiques, ignorant aussi l’indispensable et élémentaire rejet de toute action terroriste où qu’elle se produise.

La presse marocaine, globalement, n’est pas toujours tendre avec le régime algérien, certes, mais nul n’a jamais osé chez nous glorifier les groupes islamistes armés qui ont semé la terreur en Algérie entre 1998 et 2004, provoquant, durant cette guerre civile, plus de 200 000 morts et disparus !

Plus récemment encore, lorsque les terroristes d’Aqmi, dirigés par Mokhtar le Borgne, de nationalité algérienne au demeurant, prirent en otages des dizaines de personnes sur le site gazier BP-Sonatrach d’Ain Amenas, en janvier 2013, la presse marocaine n’avait point saisi cette occasion pour stigmatiser l’Algérie et son peuple.

Car chez nous, la mort de 40 employés de dix nationalités différentes n’est pas l’occasion de se réjouir d’un tel drame.

On ne manquera donc pas de s’interroger sur les fondements et les soubassements d’une telle attitude outrageusement anti-marocaine.

Les journalistes algériens, que l’on a pudeur d’appeler «confrères» (à moins de séparer les trois premières lettres des six suivantes !), n’ignorent pourtant pas que tout acte terroriste perpétré dans l’un des pays d’Afrique du Nord, entraîne des amalgames réducteurs et nuisibles au niveau de toutes les composantes de cet ensemble régional.

La même galère !

Un attentat dans les Aurès en Algérie, un accrochage avec des islamistes armés près du Mont Chaambi en Tunisie, un double assassinat à Imlil et ce sont tous les États du Maghreb qui sont stigmatisés, pointés du doigt, mis à l’index par une partie de la presse occidentale, renforçant auprès des opinions publiques européennes, (notamment), la fausse mais tenace conviction que ces pays sont en proie à l’insécurité et l’instabilité.

En outre, en agissant de la sorte, la presse algérienne contribue éloquemment à discréditer le discours officiel d’Alger qui énonce que le terrorisme et les groupes armés sont aujourd’hui à l’état résiduel dans ce pays.

Mais, surtout, se réjouir de façon aussi maléfique du malheur des autres, profiter d’un horrible meurtre terroriste pour attaquer bassement un État voisin et un peuple frère, sont des procédés ignobles, sales, mesquins et vils !

On rappellera dans ce contexte les propos du Président François Mitterrand qui avait dénoncé l’attitude de la presse française qu’il jugeait responsable du suicide de l’ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy le 1ermai 1993 :

«Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme…»

Qu’il nous soit permis ici d’adapter ce jugement et d’écrire «Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chacals et aux hyènes l’honneur d’un pays et d’un peuple» !

Fahd YATA