Politique

Présidence de la Première Chambre : Un premier test réussi haut la main pour la majorité

Ahmed Touizi
Crédit photo : Ahmed Boussarhane/LNT.

Ahmed Touizi, du Tracteur, vient d’être élu nouveau président de la Chambre des Représentants. Ce dernier a obtenu 220 voix sur les 369 exprimées, contre 59 voix pour Driss El Azami du PJD, alors que 90 bulletins ont été déclarés nuls. La majorité El Mansouri, fraichement formée, vient de démontrer qu’au niveau du Parlement, la situation est maitrisée.

De prime abord, il est important de souligner que cette première session parlementaire du mandat El Mansouri, a été une belle séance de démonstrations de force, où chaque formation aura essayé de bomber le torse pour défendre jalousement son pré-carrée.

Mais elle avait également une autre portée pour une coalition gouvernementale tout récemment constituée autour de quatre partis, à savoir le PAM, l’Istiqlal, l’USFP et le PPS. L’enjeu était de taille, car l’élection du Président de la Première Chambre représentait un moment de vérité pour ces partis et autres députés sur lesquels El Mansouri devra compter pour le reste de son mandat législatif.

Pour un début et dans cette ambiance, il semble que la Cheffe du Gouvernement a laissé faire ses lieutenants, au risque de voir son autorité s’effriter face aux autres, en particulier le PJD ou encore le RNI. Car un eventuel rapprochement entre les amis de Benkirane et la Colombe, en plus de l’Alliance de la Gauche, serait incontestablement le chamboulement politique clé de la saison. Mais les 59 voix obtenues par le candidat pjdiste El Yazami démontre que les partis de l’opposition parlementaire ne sont nullement prêts à accorder leurs violons. Loin de là. El Mansouri, certainement rassurée, pourra désormais démarrer son action législative sans se soucier d’un quelconque blocage au niveau de l’hémicycle.

La preuve en est que Ahmed Touizi, avec 220 voix, aura bénéficié notamment du soutien des partis de la Koutla en plus de l’UC ! Mais au sein du PAM, l’équation est bel et bien autre : il s’agit là d’un « compromis » à la base de la participation des autres formations dans l’actuel Exécutif. Et au niveau de la présidence de la Chambre des Représentants, les choses sont claires depuis le début et l’élection de Touizi au perchoir était la première action réalisée par la majorité parlementaire réunie autour d’El Mansouri.

Autrement dit, la non-élection d’un membre des partis de la majorité gouvernementale aurait été synonyme d’un malaise politique et au fil du temps, les choses auraient risqué de prendre des tournures inquiétantes pour une El Mansouri qui vient de réussir au forceps la formation d’une coalition qui se veut homogène et solide. Un début prometteur… mais il reste à savoir si M. Touizi, dont l’expérience au-devant de la scène politique reste limitée, pourra se montrer à la hauteur de son poste. De plus, 30 députés étaient absents dès cette première session, ce que beaucoup ont interprété comme un manque de sérieux.

H.Z

 


Ce que pense le nouveau patron de la Chambre des Représentants

L’élection du Président de la Première Chambre, tenue sous la supervision du président du bureau provisoire de la Chambre, Abdelaziz Abba, s’est déroulée conformément aux dispositions de l’article 62 de la Constitution et du règlement intérieur de la Chambre des Représentants. Dans une allocution à l’issue de son élection, M. Touizi a indiqué que la 12e législature intervient dans un contexte exceptionnel qui interpelle l’institution législative quant au rôle qui lui incombe dans l’accompagnement des ambitions du Maroc, la consolidation de sa position en tant que puissance économique émergente, la mise en œuvre des chantiers lancés dans le Royaume au service des citoyens, l’impulsion de la croissance économique et le renforcement de la justice sociale et territoriale.

Concernant l’action parlementaire, M. Touizi, qui avait présidé le groupe du PAM à la Chambre des Représentants au cours de la précédente législature, a insisté sur la nécessité de promouvoir l’action législative en tant qu’instrument efficace pour accompagner les mutations économiques et sociales et décliner les choix du Royaume en dispositions juridiques répondant aux exigences du développement et aux aspirations des citoyens.

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