Économie et Finance

Poursuite de la croissance des crédits bancaires au Maroc en 2016

le 18 mai 2017


Après la baisse constatée en 2014, les créances brutes sur la clientèle poursuivent leur croissance, s’établissant à 754,9 milliards de dirhams (MMDH) à fin 2016, soit une hausse de 3,8% par rapport à une année auparavant, selon les analystes de Crédit du Maroc Capital (CDMC). Cette progression reste inférieure à la performance enregistrée durant l’exercice 2013 (+5,9%), souligne la société de bourse dans son rapport sur l’Activité bancaire nationale au titre de l’année 2016, notant que les différentes catégories des crédits bancaires s’orientent positivement, hormis la promotion immobilière, qui continue à inscrire son évolution dans le rouge. En effet, les banques ont préféré prioriser d’autres catégories de crédits telles que les crédits destinés aux particuliers et le crédit à l’équipement, qui se redresse après deux années consécutives de baisse. Une embellie qui tient compte, selon CDMC, de l’amélioration de la croissance des activités non agricoles, notamment, le secteur secondaire.

En 2016, le crédit à l’équipement parvient à accélérer sa croissance à plus de 9% avec des taux d’intérêts inférieurs à 4,5% au quatrième trimestre, tandis que le crédit à l’habitat poursuit sa croissance, à un rythme moins soutenu tout en profitant de la baisse tendancielle des taux débiteurs. La publication, dont copie est parvenue à la MAP, relève aussi que les poids des crédits à l’habitat, à la consommation et à l’équipement se renforcent en continu, alors que les poids du crédit de trésorerie et des crédits destinés à la promotion immobilière s’inscrivent dans une tendance baissière. Pour leur part, les créances douteuses et litigieuses (CDL) continuent de croître et se hissent à 62,8 MMDH, au terme de l’année écoulée, et ce, malgré l’amélioration de la conjoncture économique, poursuit la même source, qui note un accroissement de la contentialité du secteur face à une politique de provisionnement rigoureuse.

La société de bourse a indiqué, à ce propos, que le taux de contentieux du système bancaire national évolue suivant un trend haussier accéléré reflétant, ainsi, la hausse de la contentialité de certaines branches phares de l’économie marocaine. Elle a également ajouté que la politique de couverture des banques ne cesse de se renforcer dans un rythme d’accroissement des CDL plus rapide que le niveau d’évolution des créances brutes sur la clientèle. S’agissant de la liquidité bancaire, les analystes de CDMC notent une amélioration en raison, notamment, de la décélération de croissance des dépôts, accompagnée d’une évolution continue des crédits bancaires.

Le ratio de transformation affiche une régression de 10,2 points, entre 2013 et 2016, ont-ils fait remarquer. Intitulé « Faits marquants, État des lieux & Analyse », le rapport, d’une quarantaine de pages, revient aussi sur le lancement des banques participatives au Maroc ainsi que les principales dispositions fiscales, dont la déduction dans la limite de 10% du revenu global imposable de la marge locative payée liée au contrat « Ijara Mountahia Bitamlik » (IMT). Il s’agit également de l’exonération du profit de cession d’un immeuble (ou d’une partie) occupé à titre d’habitation principale dans le cadre de ce type de contrat depuis, au moins, 6 ans et la prise en considération pour le calcul du profit de cession du bien immobilier de la marge locative payée.

Pour ce qui est des droits d’enregistrement, la Direction Générale des Impôts (DGI) a consacré le même traitement fiscal des contrats « Mourabaha » que pour ceux de l’IMT, relève la même source. En effet, la loi de finance 2016 a adopté le même régime fiscal pour ce type de produit, en consécration du principe de la neutralité fiscale et en harmonisation avec les mesures prévues en matière d’impôt sur le revenu, a-t-elle ajouté. Par ailleurs, la publication se penche sur l’apport de la réforme du régime de change à savoir: l’accompagnement de l’ouverture du Maroc sur l’économie internationale, l’atténuation des déséquilibres extérieurs et les chocs exogènes, le développement du secteur financier et la limitation de la pression sur les réserves de change et prévenir les crises de change.

S’agissant de la flexibilisation du taux de change, la société de bourse met en avant un processus de transition graduelle et ordonnée, l’étalement du processus en plusieurs phases afin de permettre aux différents intervenants de marché de s’adapter à cette évolution et de les accompagner dans cette transition, outre un passage d’une phase à l’autre conditionné par la satisfaction des pré-requis.

LNT avec Map