Pourquoi le Maroc a déjà gagné

Jouer

Mots croisés du jour

Une grille de mots croisés générée à partir de cet articles.

équipe nationale maroc édito foot

Quelques jours nous séparent encore de ce quart de finale qui, déjà, appartient à l’histoire, le Maroc face à la France, sur les pelouses américaines de cette Coupe du monde 2026. Le pays entier retiendra son souffle. Mais, que le ballon roule dans un sens ou dans l’autre, une certitude s’impose à qui veut bien regarder au-delà du seul tableau d’affichage, le Maroc a déjà gagné.

La première victoire est la plus visible, et pourtant la plus vertigineuse, le parcours lui-même. Voir une nation africaine et arabe s’installer, une fois encore, parmi les huit meilleures équipes de la planète n’a rien d’anodin. Ce qui pourrait passer pour une habitude naissante demeure, dans l’histoire du football mondial, un exploit d’une rareté insigne. Et derrière cette régularité, il n’y a pas de hasard. Il y a le travail concret, massif, patient de la Fédération Royale Marocaine de Football ; il y a les investissements consentis, les infrastructures bâties, les académies et les générations formées loin des projecteurs. Cette constance au sommet est, à elle seule, une victoire, celle d’une vision qui porte aujourd’hui ses fruits sous les yeux du monde.

La deuxième victoire est celle de la diaspora et de sa communion avec le peuple resté au pays. Elle s’incarne dans ces joueurs dont les parents ont un jour pris le chemin de l’émigration, en Europe notamment, et qui reviennent porter haut les couleurs nationales, faisant la fierté des Marocains d’ici comme de ceux de là-bas. Elle vit aussi dans ces centaines de milliers de supporters établis à l’étranger, qui trouvent dans chaque match l’occasion d’exprimer un patriotisme intact, par-delà les frontières et les distances. Ce que le football révèle ici dépasse le football, un peuple qui dispersé sur tous les continents, se retrouve entier autour d’un même drapeau.

La troisième victoire est celle de l’image du pays. Une image qui n’avait nul besoin d’être améliorée, mais qui se trouve, une fois encore, confortée, celle d’une terre de valeurs, d’accueil, de bienveillance et d’ouverture. Après le Qatar, c’est désormais chez l’Oncle Sam que des millions de spectateurs découvrent la ferveur contagieuse de notre équipe nationale et de ses supporters. Cette chaleur qui déborde des tribunes, ce mélange de fierté et d’élégance, cette joie qui rassemble bien au-delà des seuls Marocains. Voilà le plus beau des ambassadeurs, celui qu’aucune campagne de communication ne saurait égaler.

La quatrième victoire est celle de retrouver la France aussi loin dans la compétition. Pays ami, pays proche, partenaire de tant de chantiers communs, la France n’en demeure pas moins l’ancienne puissance colonisatrice. Et cette confrontation, sur le terrain comme dans les esprits, remet symboliquement les pendules à l’heure pour tous ceux qui, hélas, continuent de croire à une quelconque préséance de Paris sur Rabat. D’égal à égal, dans la diplomatie comme sur la pelouse, le Maroc et la France s’affrontent et se respectent. C’est précisément ce respect mutuel, entre deux nations qui se regardent enfin les yeux dans les yeux, qui fait toute la différence.

La cinquième victoire, enfin, engage l’avenir. En s’imposant durablement parmi les sélections les plus performantes, en s’affirmant comme une véritable nation de football (plus, osons le dire, que bien des amateurs de soccer), le Maroc conforte une légitimité déjà acquise, celle de coorganiser en 2030, la prochaine Coupe du monde. Ce que le Royaume s’apprête à accueillir, il l’aura d’abord mérité sur le terrain, par la vérité du jeu et la constance des résultats.

Alors, au bout du compte, ce sont les dieux du football qui trancheront l’issue de la rencontre. Comme l’a rappelé Achraf Hakimi, Mbappé est peut-être son ami, mais pas sur le terrain. Le résultat, nul ne le connaît encore, et c’est là toute la beauté de ce sport. Mais en tout état de cause, et quel que soit le score au coup de sifflet final, une chose est sûre, le Maroc a déjà gagné.

 

Zouhair Yata

Les articles Premium et les archives LNT en accès illimité
 et sans publicité