Économie et Finance

Pour 40% des TPME africaines, le principal frein au développement est le financement

le 24 janvier 2020


Quatre TPME africaines sur dix considèrent l’accès au financement comme le principal obstacle au développement de leur activité, ont estimé, vendredi à Rabat, les participants à une rencontre-débat sous le thème « Accès des TPME au financement en Afrique et rôle des systèmes de garantie ».

Les coûts élevés des transactions, les niveaux de risque de crédit jugés considérables et les exigences, souvent contraignantes, des bailleurs de fonds en termes de garanties sont autant de freins qui entravent le développement des TPME en Afrique, ont souligné les participants à cette rencontre, organisée en prélude de la 8ème session ordinaire de l’Assemblée Générale de l’Association Professionnelle des Institutions de Garantie d’Afrique (APIGA).

Soulignant l’importance de l’effet de levier des organismes de garantie sur le développement de l’entrepreneuriat, les intervenants ont réaffirmé l’importance de la mobilisation des gouvernements africains pour appuyer, renforcer et consolider davantage les institutions de garantie du continent en faveur d’une économie africaine forte et inclusive.

S’exprimant à cette occasion, le directeur général de la Caisse centrale de garantie (CCG), Hicham Zanati Serghini, a mis en avant la dynamique que connaît le Maroc en matière de système de garantie, compte tenu de la forte implication de l’État, de la confiance entre les acteurs de ce système et de l’instauration de méthodes de travail dans un cadre simplifié.

Toutefois, la problématique de l’accès au financement subsiste encore, a-t-il relevé, appelant, à cet égard, à développer le système de garantie, en tant que catalyseur de financement à travers la mise à disposition des ressources nécessaires pour son développement.

Pour sa part, le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, a réaffirmé l’importance de la mobilisation du gouvernement pour assurer une solidité financière et une gouvernance pertinente à la garantie institutionnelle, gage de confiance pour les établissements de crédits.

Dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère Zouhair Chorfi, M. Benchaâboun a également souligné la nécessité du renforcement et de la densification des entreprises, plus particulièrement des TPME, qui demeurent un vivier de création d’emploi, en vue d’améliorer davantage leurs contributions à la croissance économique.

De son côté, la présidente en exercice de l’APIGA, Naka G. de Souza, a appelé les institutions de garantie africaines à jouer un rôle important dans la chaîne de financement des économies pour soutenir la croissance, saluant la mission de l’Association en tant que maillon essentiel dans l’écosystème de financement des économies en Afrique.

Elle a également incité les États à appréhender la complexité du financement des PME afin de pouvoir servir les différents opérateurs et parties prenantes, dans un contexte économique où les prévisions indiquent que l’Afrique restera l’une des régions les plus dynamiques au monde.

En marge de cette rencontre, s’est tenue la 8ème session ordinaire l’assemblée générale de l’Association, durant laquelle il a été procédé à l’examen de l’activité de l’APIGA au titre de la période 2018-2019 à la mise en place du nouveau bureau de l’Association, marquée par l’élection de la Caisse Centrale de Garantie (CCG) en tant que nouveau Président pour un mandat de deux ans.

Créée en 2007 au Bénin, l’APIGA a pour mission d’établir un cadre favorable d’échange et de concertation pour une meilleure intervention des institutions de garantie africaines en faveur des économies de leurs pays.

Outre le Maroc, représenté par la CCG, l’APIGA regroupe huit autres institutions de garantie issues de quatre pays à savoir le Togo le Bénin, le Niger et le Mali.

LNT avec MAP