M. Hicham Zanati Serghini, DG de la Caisse Central de Garantie

Economie

Post-COVID : Soutenir les entreprises, la mission prioritaire de la CCG

par Afifa DASSOULI | le 1 octobre 2020


Cela fait sept mois que les effets de la crise sanitaire, née de la pandémie du Covid-19, se font ressentir sur le plan économique.

Les entreprises, grandes, moyennes et petites ont été touchées de plein fouet, mais c’est au niveau des TPE-PME que les dégâts sont les plus grands.

Les pouvoirs publics, notamment par le Comité de Veille Économique, ont voulu apporter des solutions afin de limiter la casse et donner, dans une certaine mesure, les moyens aux entreprises de relancer leurs activités.

En effet, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, et tout au long de ces mois de cette baisse de régime qui, au demeurant, se poursuit, le souci premier était de soutenir les entreprises et de les accompagner pour un retour progressif à une activité normale.

Dans cette mobilisation sans précédent, la Caisse Centrale de Garantie a joué un rôle cardinal, stratégique.

En effet, rapidement, et dans le cadre de la mise en œuvre des mesures décidées par le Comité de Veille Economique (CVE), la CCG a tout d’abord déployé le mécanisme de garantie DAMANE OXYGENE. Au 20 juillet dernier, c’est un volume crédit de plus de 17 milliards de DH qui ont été validés par la CCG dans le cadre de ce mécanisme.

Puis, à partir de la mi-juin, et suite aux décisions du CVE, la CCG a mis en place deux nouveaux mécanismes de garantie, à savoir « Relance TPE » et « Damane Relance », afin d’assurer la reprise post-Covid pour les TPE, PME et grandes entreprises.

Grâce à ces deux garanties exceptionnelles, c’est un total de 22,4 milliards de DH de crédits qui ont été jusque-là validés.

Que ce soit pour Damane Oxygène ou encore pour le dispositif Relance, il s’agissait de mécanismes de garantie permettant des facilités de financement exceptionnelles.

Sans sûretés exigées, les crédits garantis « Damane Oxygène » étaient principalement destinés à faire face aux charges courantes au titre des de 3 mois (avril, mai et juin), avec un montant pouvant atteindre 20 Millions DH.

Ce mécanisme de garantie exceptionnel visait la mobilisation des ressources de financement en faveur des TPME dont la trésorerie s’est dégradée à cause de la baisse de leur activité.

« Damane Oxygène » permettait de couvrir 95% du montant du crédit, ce qui a permis aux banques de mettre en place rapidement des découverts exceptionnels pour financer le besoin en fonds de roulement des entreprises cibles.

Au 20 juillet dernier, ce ne sont pas moins de 49.000 entreprises qui ont pu bénéficier de l’offre « Damane Oxygène ».

Il serait opportun de préciser que 88% des entreprises bénéficiaires étaient de Très Petites Entreprises (TPE), dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions de dirhams.

Concernant les mécanismes « Relance TPE » et « Damane Relance », ils ont pu profiter à pas moins de 15.183 entreprises à la mi-septembre.

Dans le détail, le produit « Relance TPE », destiné à garantir les prêts des TPE réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de DH, a bénéficié à pas moins de 10.756 entreprises. Pour sa part, le produit « Damane Relance », déployé en faveur des petites, moyennes et grandes entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 10 millions de DH, a profité à 4.427 entreprises.

Le plus grand challenge aujourd’hui est de favoriser la reprise des affaires pour les entreprises marocaines. Les mécanismes « Relance TPE » et « Damane Relance » ont en effet profité à pas moins de 15.183 entreprises, pour un total de 22,4 milliards de DH de crédits ayant bénéficié de ces garanties exceptionnelles.

On précisera à propos de ces mécanismes que les crédits Relance ne sont pas des crédits à la consommation ou encore comme des crédits destinés à l’achat de biens et qui peuvent donc être débloqués en une seule fois.

Il s’agit d’une ligne d’exploitation dont l’objectif est de permettre aux Très Petites Entreprises (TPE), Petites et Moyennes Entreprises (PME) et grandes entreprises (GE) de financer un retour progressif à une activité normale.

Grâce à cette ligne, les entreprises ont ainsi la possibilité de financer leurs besoins en fonds de roulement, remboursables sur une durée de 7 ans, avec 2 ans de différé, pour faire face au règlement des fournisseurs, le paiement des salaires, les loyers, etc.

Dans la mesure où cette ligne est utilisable entre 6 et 12 mois, il est tout à fait normal d’observer un long décalage entre le moment de la signature du contrat et l’utilisation totale de la ligne. En tout état de cause, la durée d’utilisation de la totalité du crédit est du ressort de l’entreprise.
Il va sans dire que la crise induite par le Covid-19 a été dure pour le tissu économique national, notamment pour les TPE et PME.

Dans un tel contexte, le rôle de la garantie tel qu’appliqué par la CCG a été décisive, au côté des autres partenaires et acteurs de financement, permettant aux entreprises d’accéder à des financements qui, sans la garantie, n’auraient pas été possibles.

La garantie a ainsi s permis d’éviter un assèchement et un étranglement financier des entreprises dans une grande mesure, mais cela ne permet pas pour autant de connaître de manière précise la trajectoire de croissance de l’entreprise dans l’avenir qui, elle, dépend de beaucoup d’autres paramètres.

Parmi ces derniers, on mentionnera la nécessité d’une reprise effective des activités, ce qui n’est pas vraiment le cas dans la conjoncture actuelle marquée par la poursuite de la pandémie et l’application de mesures restrictives qui, notamment dans la métropole économique, Casablanca, constituent des freins objectifs à la relance.

Voilà pourquoi il est impératif aujourd’hui de poursuivre cette mobilisation inédite de l’ensemble des acteurs pour contribuer à la re-dynamisation de l’économie du pays laquelle ne se fera pas sans l’apport incontournable des entreprises, TPE et PME en particulier.

Afifa Dassouli