Ports: 148,6 millions de tonnes au premier semestre, le transbordement tire la croissance

Par LNT
port-de-Casablanca

Le trafic portuaire national a progressé de 14,4% au premier semestre 2026, atteignant 148,6 millions de tonnes contre environ 130 millions un an plus tôt. La dynamique est portée par l’activité de transbordement. Tanger Med devrait dépasser cette année sa capacité nominale de neuf millions de conteneurs.

Le trafic transitant par les ports marocains s’est établi à 148,6 millions de tonnes sur les six premiers mois de 2026, selon les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau. La progression atteint 14,4% par rapport au premier semestre 2025.

Le moteur de cette croissance est identifié : l’activité de transbordement, c’est-à-dire le transfert de conteneurs d’un navire à un autre sans que la marchandise n’entre sur le territoire national. Cette activité relève d’une logique de hub, dont la performance dépend de la position géographique, de la productivité des terminaux et de la densité des liaisons maritimes.

Tanger Med en constitue le cœur. La direction du port anticipe un dépassement, dès cette année, de sa capacité nominale de neuf millions de conteneurs équivalent vingt pieds. Un port qui traite au-delà de sa capacité théorique fonctionne à un niveau de sollicitation où la moindre perturbation, sociale, technique ou météorologique, se propage rapidement à l’ensemble de la chaîne.

Cette saturation explique le calendrier des extensions engagées, dont l’objet est moins de capter une croissance future que d’absorber une demande déjà présente.

La lecture économique de ces chiffres appelle une nuance. Le transbordement génère des recettes de services portuaires, des emplois et une rente de positionnement, mais son contenu en valeur ajoutée nationale reste inférieur à celui du trafic d’import-export adossé à une activité productive locale. Un tonnage en forte hausse ne signifie donc pas mécaniquement une progression équivalente de l’activité industrielle du pays.

Le trafic portuaire demeure néanmoins un indicateur avancé utile. Il renseigne sur les flux d’intrants industriels, sur les importations céréalières et énergétiques et sur les exportations de phosphates et de produits dérivés, trois postes déterminants de la balance commerciale.

L’enjeu des prochaines années porte sur la capacité du Royaume à convertir cette position de hub en implantations industrielles, en particulier dans les zones franches adossées aux infrastructures portuaires, seul mécanisme permettant de transformer un flux de transit en valeur ajoutée durable.

LNT

Consultez librement toutes nos parutions hebdomadaires, nos hors-série et toutes les communications financières