Politique

Politique et Coronavirus, les mêmes maux…

le 29 avril 2020


Il est indéniable que la pandémie du Covid-19 a profondément transformé notre quotidien, faisant de nous et pour quelques semaines encore, des citoyens privés d’un droit élémentaire en temps normal, celui de circuler librement.

Cette restriction, pour nécessaire, voire salutaire qu’elle est, a mis notre pays dans une situation extraordinaire, au sens premier du mot, puisqu’à la crise sanitaire qui accompagne la pandémie, se sont adjointes une crise économique, macro et micro, mais aussi une crise sociale, révélant les graves insuffisances et lacunes qui touchent au quotidien de millions de nos concitoyens privés de revenus décents et frappés de plein fouet par l’impossibilité de subvenir à leurs besoins les plus élémentaires.

L’État, dans toutes ses expressions, a consenti des efforts plus que louables pour atténuer les effets et conséquences de ces crises.

Mais, ce qui apparaît avec une force certaine dans ce maelström qui nous a frappés, c’est l’absence du politique autrement exprimé que par les actions et initiatives gouvernementales.

Certes, plusieurs partis politiques ont publié des communiqués, tenu des réunions par visioconférence, soutenu les décisions du gouvernement.

On dira cependant qu’en l’occurrence, c’est le « minimum syndical » qui a été accompli !

Limités dans leurs actions par le confinement, sans aucun doute, les partis politiques sont néanmoins les grands absents de notre situation actuelle, portant à un degré encore plus élevé ce laxisme qui les caractérisait en « temps normal »…

Cela ne saurait être contesté car à l’évidence, hormis l’État, les pouvoirs publics, les citoyens sont laissés à l’abandon par les organisations politiques qui ont pour devoir constitutionnel d’encadrer la population.

Ce constat n’est pas le résultat d’une critique facile, mais plutôt la reconnaissance que dans les semaines et mois à venir, la classe politique devra se mobiliser, agir et revenir au-devant de la scène pour aider les citoyens à vivre les conséquences, sociales et économiques notamment, de cette crise sanitaire massive.

Sachant que l’image des partis n’est pas la meilleure au sein de notre population et que les effets d’une absence de plusieurs mois de la scène publique seront difficiles et longs à se dissiper, il importe, dès aujourd’hui, de réfléchir aux initiatives politiques et mêmes politiciennes qui permettront, à la faveur de ces crises, de réconcilier les Marocaines et les Marocains avec les partis dont, malgré les lacunes, on ne saurait se passer !

Alors qu’il paraît certain que des sacrifices seront demandés à tous et à chacun, pour un retour à la normale, la reprise de l’économie, la relance des relations sociales, le commerce, etc., que la casse née de la pandémie ne sera pas résorbée facilement, il serait impérieux que ces moments à venir soient accompagnés par des actions politiques nobles, dynamiques, pérennes, débarrassées des calculs partisans, mesquins et égoïstes.

On a vu, certes, le Chef du gouvernement consulter récemment les leaders partisans. Initiative louable mais insuffisante pour donner aux citoyens le sentiment d’un accompagnement politique.

Ce qui doit être compris, c’est que la sortie de la crise, sanitaire notamment, devra s’accompagner d’une nouvelle vision du rôle des partis politiques avec, entre autres sans doute, le report d’échéances électorales, la mobilisation unanime, nationale peut-être, de toutes ces organisations qui ne devront pas se préoccuper de leur représentation parlementaire, mais de leur devoir d’encadrement et de conscientisation.

On a coutume de dire qu’après la victoire sur le Coronavirus, rien ne sera plus comme avant. Ce qui n’est pas si sûr !

Mais une chose est d’ores et déjà acquise, c’est que les partis politiques devront saisir cette opportunité pour une réelle remise en question, une refondation de leurs méthodes et objectifs afin d’être, enfin, dans leur vrai rôle.

Ou sinon, le politique disparaîtra avec la fin de la pandémie !

Fahd YATA