SM le Roi adresse un discours à la nation à l’occasion du 65è anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple

Politique

Politique de l’Etat, quel mois d’août !!!

le 22 août 2018


En août au Maroc, il n’y a pas que la température qui est élevée. Même l’actualité est brûlante comme le confirment les décisions et discours royaux de ces derniers jours.

Tour à tour en effet, on a eu droit à un train de nominations, l’attribution d’un maroquin d’importance, la suppression d’un strapontin ministériel, outre la décision, stratégique, du rétablissement du service militaire obligatoire pour les jeunes de 19 à 25 ans.

Et cela, sans oublier l’allocution royale sur la jeunesse et son avenir avec, à la clé, des propositions concrètes dont la matérialisation devrait être relativement rapide.

Et, pour couronner le tout, l’annonce de la libération de 160 détenus du Hirak, une grâce royale accordée le jour de l’Aïd Al Adha, à des condamnés à des peines relativement légères et que l’on qualifiera donc de lampistes.

Qui dira après cela que le milieu de l’été est toujours calme dans notre pays?

Cet activisme de bon aloi sera positivement perçu par l’opinion publique nationale qui comprend que la continuité de l’Etat est effective avec de telles mesures.

El Othmani démenti

Ainsi, sur la nomination du PDG du Groupe BCP à la tête du ministère de l’économie et des finances, le banquier de haut vol Mohamed Benchaaboun, les citoyens auront perçu en cette occasion, le hiatus profond qui existe entre les affirmations de M. Saad Eddine El Othmani, chef du gouvernement, et les appréciations royales.

En effet, la semaine passée, le chef du gouvernement déclarait à un confrère de la presse quotidienne francophone, que l’éviction de M. Boussaid ne serait pas dommageable pour la préparation du PLF 2019 et, rajoutant une couche, El Othmani affirmait que M. Amara, intérimaire, serait un bon ministre des finances même s’il ne connaissait rien en ce domaine, du fait de sa grande expérience ministérielle.

Une semaine au plus après ces propos lénifiants, le Roi Mohammed VI nommait M. Mohamed Benchaaboun au poste précédemment occupé à par M. Boussaid.

Et toc pour El Othmani…

Autre nouvelle qui ne pouvait passer inaperçue, la suppression du secrétariat d’État à l’Eau, privant de ce fait Mme Charafat Afilal et le PPS d’un strapontin ministériel pourtant précieux pour ce parti dont le poids institutionnel se réduit comme peau de chagrin.

Mais, incontestablement, c’est la nomination de plusieurs ambassadeurs dans des capitales « sensibles » qui aura retenu l’attention des observateurs.

Des promus et des déçus

Ainsi, M. Youssef Amrani, diplomate chevronné, polyglotte, ancien ministre délégué aux AE et jusqu’à présent chargé de mission au cabinet royal, a été désigné pour le poste à Pretoria.

Il s’agit là d’une affectation cardinale pour un homme dont les convictions patriotiques sont connues. Mais, surtout, un grand challenge pour un grand diplomate, sachant qu’à compter du Premier janvier prochain, l’Afrique du Sud intègrera le Conseil de Sécurité de l’ONU pour deux années.

Parmi les autres nominations, on notera celle de M. Khalid Naciri à Amman, une belle mission pour ce militant et dirigeant du PPS de la première heure et qui, sans nul doute, manquera beaucoup à M. Nabil Benabdallah, lorsqu’il s’agira de prendre des décisions difficiles au sein du BP du PPS.

On remarquera également la désignation de M. Hassan Abouyoub à Bucarest, ce qui n’est sans doute pas la plus flamboyante des ambassades, mais qui permet de comprendre que son prédécesseur, M.Fadel Benyaich, disparaît des écrans radar, lui qui avait été muté de Madrid à Bucarest lors du précédent round d’affectations.

Enfin, dernière désignation « parlante », celle de M. Samir Dhar, qui passe d’Athènes à Paris, après quelques mois seulement dans la capitale hellène pour occuper le prestigieux poste de représentant permanent du Maroc auprès de l’UNESCO, ce qui, incontestablement, le rapprochera fortement de sa famille au Maroc.

Affaires gouvernementales, diplomatiques, mais aussi affaires stratégiques ont donc caractérisé l’action royale ces derniers jours, alors que la pays célébrait tout à la fois la Révolution du Roi et du Peuple, l’anniversaire du Souverain et l’Aïd Al Adha.

Les années 2020 de notre jeunesse

Car le Royaume est riche de sa jeunesse, mais celle-ci ne le perçoit pas toujours.

Voilà pourquoi, outre l’annonce royale de mesures précises et positives pour assurer un devenir meilleur à notre jeunesse, la nomination d’une femme jeune et compétente à la tête de l’OFPPT, c’est le retour de la conscription obligatoire pour les jeunes de 19 à 25 ans qui a fortement impressionné l’opinion publique.

Les FAR, qui disposent d’une longue expérience en matière de formation, qui possèdent l’encadrement nécessaire pour inculquer discipline, rigueur, respect des règles et patriotisme, seront donc mises à contribution pour assurer la prise en charge de dizaines de milliers de jeunes aujourd’hui laissés à eux-mêmes, mal et faiblement scolarisés, dénués de sens civique et livrés aux dangers de la rue.

Le service militaire obligatoire est donc une mesure fondamentalement positive et qui produira, très rapidement, des effets concrets, au grand bonheur sans nul doute de milliers de parents incapables de gérer leur progéniture trop longtemps délaissée.

Enfin, comme point d’orgue à une longue série, la grâce royale accordée aux détenus du Hirak, hormis, bien sûr,  les chefs de file.

Le Hirak, c’est fini

Cette mesure, prise la veille de la plus importante des fêtes religieuses du peuple marocain, outre la joie qu’elle procurera aux familles des amnistiés, confortera chez tous les Marocains la conviction que le Roi Mohammed VI est à leur écoute et agit toujours au moment idoine pour rétablir des situations compromises par d’autres.

Alors, après tout cela, pourra-t-on encore parler de rentrée au début de septembre ?

De tout ce qui précède, il ressort clairement en tout cas, que les priorités de l’Etat n’ont pas connu de vacance…

Fahd Yata

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