Le volet hydrique du projet de loi de finances vise une capacité nationale de stockage supérieure à 24 milliards de mètres cubes à la fin de 2027, avec la poursuite des travaux de quatorze grands barrages, le lancement d’un nouvel ouvrage et la surélévation d’un barrage existant.
Huit grands barrages ont été achevés depuis 2020, à Kaddoussa, Tiddas, Toudgha, Agdez, Fask, Koudiat Borna, M’dez et Rhiss, ajoutant 1,89 milliard de mètres cubes de capacité. Cinq autres ont été mis en eau par anticipation, Sakia El Hamra, Aït Ziat, Sidi Abbou, Béni Azimane et Tamri, pour 746 millions de mètres cubes. Sur les 155 petits barrages et barrages collinaires programmés, 24 sont achevés et 32 en cours.
Le dessalement constitue le second pilier. Les stations d’Agadir, de Jorf et de Safi sont opérationnelles. L’exercice 2027 doit voir la mise en service de la station de Dakhla, l’extension de celle de Safi pour alimenter Marrakech et le lancement de la première phase de la station du Grand Casablanca. Des stations alimentées par des énergies renouvelables sont prévues dans l’Oriental, à Souss-Massa, à Tanger, à Guelmim-Tan-Tan et à Rabat, pour une mise en service entre 2029 et 2030. L’objectif est de dépasser 1,8 milliard de mètres cubes dessalés par an d’ici 2031, ce qui couvrirait près de 60% des besoins en eau potable.
Les transferts entre bassins progressent. La première phase de la liaison entre le Sebou et le Bouregreg est opérationnelle à 15 mètres cubes par seconde et sécurise l’axe Rabat-Casablanca, tandis que la liaison entre l’oued Makhazine et Dar Khrofa assure 3,2 mètres cubes par seconde pour l’alimentation de Tanger. Les travaux préparatoires se poursuivent en 2027 pour l’interconnexion des bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia.
Le volet agricole prévoit l’irrigation de 5 000 hectares à partir de la station de Dakhla et des partenariats public-privé destinés à alimenter en eau dessalée les périmètres de Sidi Rahal et de la Moulouya. La réutilisation des eaux usées doit être accélérée, principalement pour les espaces verts et les terrains de golf, sans objectif de volume chiffré. Le rendement des réseaux de distribution est visé à 78% en 2027.
Cinq contrats de nappe ont été signés, pour le Haouz-Mejjat, le Rmel, Meski-Boudnib, la Feija et Fès-Meknès, trois doivent l’être pour les Triffa, Dakhla et Berrechid, et seize sont en préparation. Près d’un millier de nouveaux points d’eau sont programmés dans les zones pastorales.
Le document annonce enfin la modernisation du suivi en temps réel de la qualité de l’eau et l’actualisation du plan national de prévision des crues, sans chiffrage.
LNT