Le ministre de l'Économie et des finances, Mohamed Benchaâboun, présente le projet de loi de finances 2019 devant le Parlement

Économie et Finance

PLF 2019, M. Benchaaboun opte pour un mode alternatif de financements

le 25 octobre 2018


Au lendemain de la présentation du Projet de Loi de Finances 2019 au Parlement, le nouveau grand argentier, M. Mohamed Benchaaboun, a donné une conférence de presse dans les locaux de son département.

Les citoyens ont pu la suivre en « live », donnant à sa présentation du PLF un écho amplifié, preuve des réelles attentes à la suite des nouvelles orientations du Roi Mohammed VI déclinées au cours des précédentes semaines lors d’allocutions royales.

D’emblée, le ministre de l’Économie et des Finances a reconnu avoir trouvé une situation dégradée des finances publiques avec notamment un déficit budgétaire aggravé et un endettement public de près de 70% du PIB.

Face à cette dérive, M. Benchaaboun s’est engagé, d’ici la fin de l’année, à une maîtrise des dépenses pour réduire le déficit public à moins de 3,6 %, alors qu’originellement, il était censé se limiter à 3%.

Parmi, les sources de dépenses qui se sont imposées en 2018, M. Benchaaboun a relevé le renchérissement entre 2017 et 2018, du prix de la tonne de gaz de 441 à 644 dollars et du baril du pétrole de 52 à 82,3 dollars, ce qui a induit une charge de compensation en croissance de 4,7 %.

L’autre élément qui a causé l’aggravation du déficit budgétaire de 2018 relève de l’insuffisance des recettes due à la baisse de l’IS de près de 3 milliards de dirhams.

Puis, très pédagogue, M. Benchaaboun a détaillé les différentes augmentations qui s’imposent au Budget de la première année de la nouvelle LOF triennale, 2019-2021, ainsi que les contraintes exogènes qu’il lui a fallu prendre en compte. Ce faisant, le ministre mis en lumière les besoins de financement du Trésor et les moyens de les couvrir.

Se prévalant d’une démarche logique et rationnelle, M. Benchaaboun a ainsi listé les contraintes budgétaires de 2019 comme suit :
– Les charges de la compensation de 18 MMDH, en augmentation de + 5 MMDH par rapport au PLF 2018,
– L’augmentation des remboursements de la TVA qui passeront à 9,3 MMDH contre 6,3 MMDH en 2018.
– Les augmentations des dépenses allouées aux secteurs sociaux, dont la masse salariale de l’État, laquelle augmente de 3,3 MMDH, à 112,159 milliards de dirhams, le budget de l’Éducation nationale qui s’approprie 5,4 milliards de plus, à 68,275 milliards de dirhams et celui de la Santé qui s’appréciera de 1,5 milliard de dirhams, à 16, 33 MMDH.
– Les augmentations des crédits d’investissements de 5 MMDH,
-Les impacts budgétaires des réformes, chiffrées à 2,7 MMDH

De toutes ces dépenses additionnelles de l’État découlera une augmentation du besoin de financement du Trésor de 27 MMDH.

Et M. Benchaaboun, fort de son expérience de banquier, s’est attelé à mettre en face de ces besoins les moyens de financement qui s’imposent.
En effet, le ministre des finances a exposé aux journalistes et autres citoyens internautes, les solutions concrètes du financement de ce gros besoin budgétaire de l’État pour 2019 afin de concrétiser les recommandations royales en matière de lutte contre la précarité et la pauvreté tout en redynamisant l’économie nationale.

Ainsi, les financements additionnels proposés proviendront d’une augmentation de la TIC sur le tabac pour 1,8 milliard de dirhams, 5,7 MMDH d’IS, 5 milliards des recettes de la privatisation et 2 milliards de l’amélioration de la gouvernance des entreprises publiques.

Certes, le total de ces montants ne donne que 15 milliards de dirhams sur les 27 milliards exigés, mais pour l’occasion, M. Benchaaboun innove en ouvrant le financement des besoins publics à de nouveaux mécanismes de financements.

En effet, il prévoit pour 2019 de financer à hauteur de 12 milliards de dirhams grâce à un nouvel instrument de financement des dépenses publiques, basé sur des partenariats entre l’État et les opérateurs Institutionnels. Il s’agit de faire financer des projets d’investissement relatifs aux secteurs sociaux, d’infrastructure, d’agriculture par les institutionnels privés.

Cela revient pour l’État à se refinancer sur les marchés de capitaux, là où se collecte l’épargne nationale, et ce même si les partenariats de financement peuvent être signés en direct avec les compagnies d’assurance, les caisse de retraites ou les fonds d’investissements.

D’ailleurs, la réglementation des OPCI, qui organise l’allègement de leur fiscalité par un abattement de 50% sur leurs revenus ou loyers, ne peut que faciliter cette nouvelle relation que M. Benchaaboun s’ingénie à lancer avec le privé.
Et, pour illustrer ce nouveau type de mécanismes
de financement de l’État, le ministre a donné l’exemple d’un privé qui financerait la construction d’écoles et les louerait à la puissance publique, laquelle en économiserait le coût de l’investissement et réduirait en conséquence son endettement…

Afifa Dassouli

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