Pétrole: l’accord américano-vénézuélien laisse les cours à leurs niveaux de guerre

Par LNT
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FILE PHOTO: Oil platforms and pumpjacks at Lake Maracaibo, as residents around the oil‑rich center of Maracaibo in Zulia state remain uncertain about new investments following recent legislative reforms allowing greater private participation in PDVSA and aimed at revitalizing the country's struggling oil sector, in Cabimas, Venezuela, January 26, 2026. REUTERS/Leonardo Fernandez Viloria/File Photo

Trois jours après l’annonce de l’accord donnant aux États-Unis 55% de la production de dix-sept champs vénézuéliens, le Brent évolue toujours autour de 87 à 89 dollars le baril. Les analystes soulignent qu’aucun baril supplémentaire n’atteindra le marché avant plusieurs années. Le détroit d’Ormuz demeure le facteur déterminant des prix.

L’accord annoncé le 29 août par le président américain porte sur des réserves prouvées évaluées à 65 milliards de barils. Il prévoit la création d’une société privée d’exploitation dont les États-Unis recevraient 55% de la production effective, avec un droit d’achat au prix de revient sur cent ans.

L’effet sur les marchés est resté marginal. Le Brent évolue autour de 87 à 89 dollars le baril, contre environ 70 dollars avant le déclenchement du conflit impliquant l’Iran. Le WTI se situe aux alentours de 82 dollars, contre 65 en février 2026.

La raison de cette absence de réaction tient à une distinction élémentaire entre réserves et production. Les 65 milliards de barils invoqués désignent des volumes présents dans le sous-sol, non des volumes extractibles à court terme. L’appareil productif vénézuélien, dégradé par des années de sous-investissement, de sanctions et de départ de personnels qualifiés, suppose des travaux de remise en état qui se comptent en années et en dizaines de milliards de dollars.

Un autre élément nourrit la prudence des analystes : le texte de l’accord n’a pas été publié. Les chiffres avancés proviennent des communications des deux gouvernements, sans document contractuel accessible permettant d’en vérifier la portée juridique.

Les facteurs qui déterminent effectivement les prix demeurent inchangés. Le conflit impliquant l’Iran a retiré du marché environ 10% de l’offre mondiale. La demande, elle, n’a pas reculé. Les pays de l’OCDE puisent dans leurs réserves stratégiques pour éviter la pénurie, mécanisme qui contient les prix sans les faire baisser et qui réduit progressivement le matelas disponible.

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un quart du brut échangé dans le monde, reste le point de tension déterminant. Toute perturbation du trafic dans ce passage se répercute plus vite sur les cotations que n’importe quelle annonce de réserves à long terme.

Pour les pays importateurs nets, dont le Maroc, la conclusion pratique est double. Le prix des carburants restera commandé à court terme par la situation dans le Golfe et par les cotations des produits raffinés, indépendamment de l’accord vénézuélien. Et le retour éventuel d’un producteur détenteur des premières réserves mondiales dans le circuit occidental constitue un facteur de détente pour la fin de la décennie, non pour l’année en cours.

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