Parité : Les féministes appellent les partis politiques à ‘‘bouger’’ !
À l’approche des prochaines élections, prévues le 23 septembre 2026, l’Association Démocratique des Femmes du Maroc (ADFM) déclare observer avec une vive inquiétude le fossé qui persiste entre le discours politique en faveur de la parité et la réalité de l’exclusion effective des femmes des sphères décisionnelles au sein des partis et du Parlement.
Dans une lettre envoyée à tous les SG des formations politiques de la place, l’ADFM interpelle vivement la classe partisane nationale sur l’importance de la Parité et par la même occasion, l’association s’inquiète du fait que cette question n’est pas prise au sérieux comme il se doit.
Compte tenu de ce constat, le mouvement féministe invite les partis politiques à prendre des mesures concrètes et claires avant les élections du 23 septembre 2026, notamment en ce qui concerne la présentation de candidatures féminines dans les circonscriptions législatives locales, à hauteur d’au moins 30 %, en particulier dans les circonscriptions sûres et garantes de victoire, afin de dépasser le seuil proposé dans la loi organique de la Chambre des Représentants.
L’association souligne également l’importance d’établir des critères clairs pour la sélection des candidats et candidates, fondés sur la compétence, la responsabilité et l’accomplissement de la mission parlementaire, qui consiste à développer les politiques publiques et à les rendre plus réactives aux besoins et aux intérêts des femmes et des hommes, à améliorer la législation en éliminant les différentes formes de discrimination et de violence, et à faire progresser les pratiques conventionnelles.
On souhaite dans le même sens d’apporter le soutien moral et matériel nécessaire aux organisations féminines des partis et aux femmes candidates, notamment en mettant en place des stratégies bien pensées pour cerner les spécificités de la circonscription électorale et la manière de gérer la campagne électorale.
Les féministes s’attendent également à ce que les partis arrivent à désigner et trancher de manière démocratique les candidates pour les circonscriptions régionales et les circonscriptions législatives locales sur la base d’une charte contractuelle basée sur la reddition des comptes.
Aussi, on demande à mettre en place un plan de communication pour faire connaître les dirigeantes du parti en mettant en avant le lien entre l’autonomisation politique des femmes et la démocratie d’une part, et l’autonomisation politique et le développement durable d’autre part.
Sur un autre registre, l’AFDM tient à rappeler que près de 15 ans se sont écoulés depuis l’adoption par la Constitution du principe d’égalité et de parité, et depuis l’engagement international du Maroc à promouvoir la participation politique des femmes : « Pourtant, les indicateurs officiels montrent que cet engagement est encore loin d’être concrétisé : la proportion de femmes à la Chambre des Représentants ne dépasse pas 24,3 % (95 sur 395 députés). Les femmes représentent environ 11 à 12 % dans la Chambre des Conseillers. De même, le taux d’adhésion des femmes aux partis politiques ne dépasse pas 8 à 9 %, alors que les femmes constituent plus de la moitié de l’électorat », dit-on auprès des féministes.
Et de préciser que les dernières statistiques publiées par l’Union Parlementaire Internationale, le Maroc occupe la 101ème place mondiale en matière de représentation des femmes au sein des parlements, gagnant une seule place par rapport à l’année dernière, alors que les partis politiques n’ont pas su tirer parti, d’une part, de la révision des lois électorales et, d’autre part, de la loi organique du Parlement, pour garantir un accès équitable et effectif des femmes aux institutions élues, alors que certains pays arabes de la région mènent des expériences avancées en matière de participation des femmes aux assemblées législatives (leur proportion variant entre 31 % et 36 %).
Cette situation, selon l’AFDM, ne reflète pas seulement la persistance des mécanismes d’exclusion, mais révèle également l’absence d’une véritable volonté politique de mettre en œuvre le principe de parité, ainsi qu’une lenteur inquiétante dans le rythme des réformes et la persistance de déséquilibres structurels qui limitent l’accès des femmes aux postes de décision. Ce qui en mesure de remettre profondément en cause la crédibilité de l’ensemble du processus démocratique et de la pratique politique… Tout un débat.
H.Z
Des constats alarmants …
Les partis abordent la participation politique des femmes de manière ponctuelle ou saisonnière, et non comme un choix stratégique.
L’accès des femmes aux mandats et aux fonctions électives n’est pas organisé dans le cadre d’une stratégie continue d’autonomisation politique des femmes, ni dans le cadre de la promotion des droits humains des femmes.
La faiblesse du soutien apporté aux organisations féminines des partis, ce qui se traduit par l’absence d’une stratégie de communication permanente sur la politique d’égalité entre les sexes et la promotion des droits humains des femmes.
L’absence d’une prise de position claire et ferme contre la non-institutionnalisation de la parité dans la loi organique de la Chambre des Représentants lors des discussions avec le ministère de l’Intérieur et au sein du Parlement.
