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AFPLes forces de sécurité pakistanaises bouclent le 1er février 2026 un quartier à Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan, au lendemain d'assauts coordonnés très meurtriers de séparatistes

Pakistan : le Baloutchistan placé en état d’alerte après une vague d’attaques meurtrières

Asie

Pakistan : le Baloutchistan placé en état d’alerte après une vague d’attaques meurtrières

Par LNT
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AFPLes forces de sécurité pakistanaises bouclent le 1er février 2026 un quartier à Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan, au lendemain d'assauts coordonnés très meurtriers de séparatistes

La province pakistanaise du Baloutchistan est placée en état d’alerte maximale après une série d’attaques coordonnées d’une ampleur exceptionnelle ayant fait près de 200 morts en l’espace de deux jours. Les autorités locales font état d’au moins 193 victimes, dont une majorité de combattants séparatistes, mais également des civils et des membres des forces de sécurité, dans ce qui constitue l’un des épisodes les plus meurtriers enregistrés dans la région ces dernières années.

Les attaques ont visé simultanément plusieurs sites à travers la province, notamment des installations militaires, des bâtiments administratifs, des postes de police et des axes routiers stratégiques. Face à cette offensive, les forces de sécurité ont bouclé les zones concernées et lancé de vastes opérations de ratissage afin de neutraliser les assaillants encore en fuite et de prévenir de nouvelles actions.

À Quetta, capitale provinciale, un important dispositif sécuritaire a été déployé. Plusieurs quartiers, en particulier ceux abritant des institutions gouvernementales ou ayant été directement touchés par les attaques, ont été placés sous contrôle strict. Les rues sont restées largement désertes, les commerces fermés et les déplacements fortement limités, dans un climat marqué par la peur et l’incertitude au sein de la population.

Les autorités ont également ordonné la suspension des services ferroviaires dans l’ensemble de la province et le brouillage des réseaux de téléphonie mobile, afin de perturber les capacités de communication des groupes armés. La circulation routière a été fortement affectée, tandis que des dégâts matériels importants ont été constatés dans plusieurs localités.

Selon les responsables provinciaux, le bilan inclut la mort de dizaines de militants séparatistes lors des affrontements directs avec les forces de sécurité, ainsi que celle de civils pris dans les attaques et de membres des forces de l’ordre. Des funérailles ont été organisées à Quetta en présence de responsables gouvernementaux, illustrant la gravité de la situation et l’onde de choc provoquée par ces événements.

Les autorités pakistanaises ont condamné ces attaques et réaffirmé leur détermination à poursuivre les auteurs, leurs soutiens et leurs complices. Des responsables gouvernementaux ont accusé des acteurs étrangers d’apporter un appui aux groupes armés impliqués, sans que ces accusations ne soient accompagnées d’éléments rendus publics à ce stade. Ils ont assuré que les opérations de sécurité se poursuivraient jusqu’au démantèlement complet des réseaux responsables.

Les attaques ont été revendiquées par l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA), principal groupe séparatiste actif dans la région. Ce mouvement affirme avoir ciblé des symboles de l’État et des infrastructures sécuritaires, tout en revendiquant une capacité opérationnelle renforcée. Les autorités pakistanaises considèrent ce groupe comme une organisation terroriste et l’accusent de chercher à déstabiliser durablement la province.

Riche en ressources naturelles, notamment en minerais et en hydrocarbures, le Baloutchistan est depuis plusieurs décennies le théâtre d’une insurrection séparatiste alimentée par des revendications politiques, économiques et sociales. Une partie de la population locale dénonce une marginalisation persistante et une répartition inéquitable des richesses, dans un contexte de pauvreté structurelle et de tensions sécuritaires chroniques.

Les attaques récentes, menées de manière coordonnée et en pleine journée, traduisent selon plusieurs observateurs une montée en puissance des capacités des groupes armés et soulèvent de nouvelles interrogations sur la stabilité de la province. Elles renforcent également les inquiétudes quant à l’impact de cette insécurité sur les populations civiles, les projets économiques et les équilibres régionaux dans cette zone stratégique du sud-ouest du Pakistan.

LNT avec AFP

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