Économie et Finance

Othman Benjelloun appelle à renforcer la promotion de l’épargne

le 8 novembre 2019


Le président du Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun, intervenant lors de la conférence organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’épargne, sous le thème « L’éducation financière à l’ère de la digitalisation: un levier pour la promotion de l’épargne », a mis en relief l’importance de la promotion de l’épargne, affaire de toutes les parties prenantes comme outil de financement des investissements et de création de richesse et d’emplois. Elle se reflète notamment dans l’indicateur national du taux d’épargne qui, à 28% au Maroc, est « l’un des plus élevés parmi les pays émergents ».

La promotion de l’épargne doit s’effectuer dans un contexte de développement remarquable de la digitalisation, a fait remarquer M. Benjelloun, appelant néanmoins à une réconciliation entre, « d’une part, l’agilité et la flexibilité qui doit caractériser les politiques d’accompagnement de ce phénomène de digitalisation et, d’autre part, la vigilance et la rigueur de ces modalités en raison des potentiels abus dont peuvent être victimes les cibles de ces services financiers digitalisés », en particulier les jeunes et les franges vulnérables de la population pas ou peu alphabétisées.

La thématique de la promotion de l’épargne doit opportunément être abordée à travers le prisme de l’humain, en l’occurrence l’éducation financière, a ajouté le président, précisant que le secteur bancaire marocain est tout à fait solidaire de toute réflexion visant à structurer un dispositif de promotion de l’épargne à travers les outils digitaux.

Le secteur bancaire est un puissant collecteur d’épargne que ce soit à travers ses réseaux d’agences physiques ou ses canaux virtuels au Maroc, en Europe ou en Afrique subsaharienne, rappelant à cet effet que le taux de bancarisation est passé de 27% en 2001 à 64% en 2019.

« Les problématiques économiques et sociétales majeures ont davantage de chance d’être adressées efficacement et durablement quand elles engagent un Partenariat Public Privé, quand elles associent à la démarche, les parties prenantes de bonne volonté, désireuses de voir notre pays franchir des étapes supplémentaires en termes d’inclusion financière », a-t-il ajouté, précisant que « les institutions bancaires ne peuvent indéfiniment procéder à l’élargissement de leur réseaux d’agences -actuellement 7.000 agences bancaires dans toutes les régions du Royaume- pour promouvoir la collecte de l’épargne, permettre l’accès aux services financiers dont celui au financement de cette composante très majoritaire du tissu marocain que représentant les Autoentrepreneurs, les Microentreprises, les toutes Petites Entreprises et les PME ».

Il a également appelé à « la mutualisation de la réflexion et des moyens. ‘’L’Expérience de place’’ qu’a représenté le développement du système national de paiement mobile grâce à une ‘’interopérabilité native’’ parmi les Banques au Maroc, mérite d’être adaptée à la promotion de l’épargne par les canaux digitaux. L’émulation entre banques porterait alors davantage sur le Conseil, sur l’accompagnement, sur la ‘’touche humaine’’ que la machine et la technologie ne pourront jamais égaler, quelle que soit leur sophistication ».

En conclusion, il a déclaré que « l’inclusion financière, à laquelle la promotion de l’épargne digitale concourt, est, pour sa part, un catalyseur du développement social et économique. Ses bénéfices sont protéiformes et rejaillissent aussi bien sur les pouvoirs publics, les opérateurs financiers et sur les entreprises que sur les populations ».

 

LNT avec CdP