ONU-Sahara : La déconvenue annoncée de M. Horst Köhler

M. Horst Köhler, représentant personnel du Secrétaire général de l’ONU, a tenu, mercredi 8 août à New York, une séance à huis clos avec les membres du Conseil de Sécurité sur la question de nos provinces sahariennes.

Des diverses indiscrétions, telles qu’évoquées par la presse marocaine, mais aussi des très rares commentaires publiés par les médias algériens, il ressort que cette réunion n’a pas vraiment apporté du nouveau dans la mission confiée à l’ancien président de la République allemande.

A quelques mois en effet de la date butoir de fin octobre 2018, qui marquera le terme du mandat de la MINURSO, renouvelé en avril dernier pour six mois seulement, on a la forte impression que M. Köhler pédale consciencieusement dans la choucroute, un plat qu’il doit connaître au demeurant…

Certes, comme cela s’est dit, il a fait relation de sa dernière tournée dans la région, Algérie, Mauritanie, Maroc (dont Laâyoune et Dakhla), marquant notamment sa satisfaction de l’accueil qu’il avait reçu de la part des autorités marocaines et des représentants qualifiés des habitants de nos provinces du sud.

Mais, il apparaît que sa volonté d’organiser rapidement un nouveau round de négociations entre les parties directement impliquées relève sinon du vœu pieux, du moins d’une impossible mission dans les conditions actuelles.

Le Royaume du Maroc, droit dans ses bottes, ne veut pas, à très légitime titre, d’un « show » pour amuser la galerie et donner à croire à l’opinion publique nationale et à la communauté des États, que des pourparlers seront utiles et nécessaires sans que les véritables parties concernées ne soient présentes, en tant que telles, à la table des négociations.

Le polisario n’existe pas, ne vaut rien et ne représente que lui-même et il n’est de diplomate onusien qui ignore cette réalité.

Comme l’avait justement expliqué au printemps dernier le ministre des AE, Bourita, c’est l’Algérie qui abrite, finance, arme et soutient les séparatistes basés à Tindouf.

Et ainsi qu’une source proche du Conseil de Sécurité l’a exprimé le 8 août dernier au sortir du rapport de M. Köhler, ce n’est pas tant la solution du problème qui est en équation, mais la voie qui doit être empruntée pour y parvenir.

Si M. Köhler s’accroche à l’idée qu’il faudrait mener un nouveau round de contacts entre le Maroc et le polisario uniquement, alors il fera, immanquablement, chou blanc (à rajouter à la choucroute, peut-être ?).

S’il parvient à convaincre les Algériens de prendre, enfin, leurs responsabilités en reconnaissant qu’ils sont à l’origine du problème, et qu’ils doivent absolument participer aux discussions pluripartites, alors on pourra dire que M. Köhler aura atteint un objectif qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait pu réaliser.

Mais les rêves ne sont pas permis dans les relations internationales et M. Köhler, qui est un homme d’État averti et expérimenté, sait déjà pertinemment que sa mission patauge.

Personne ne saurait contraindre le Maroc, dont la bonne foi est connue et reconnue, et les propositions de règlement aussi sérieuses que constructives, à prendre langue avec des mercenaires manipulés.

Gageons donc que les semaines à venir n’apportera pas vraiment de changement dans une situation bloquée depuis des décennies par l’Algérie.

Et M. Köhler devra, soit renoncer, soit sortir de sa réserve et adopter la courageuse attitude d’un certain diplomate batave, M. Van Walsum, qui avait, il y a plus de dix ans, reconnu que la seule issue à l’affaire du Sahara occidental marocain était l’autonomie dans le cadre de la souveraineté du Royaume du Maroc !

Fahd YATA