Le Conseil de sécurité procède ce 21 août à son deuxième vote indicatif pour désigner le successeur d’António Guterres. Rebeca Grynspan, du Costa Rica, était sortie en tête du premier scrutin du 30 juillet. Cinq des huit candidats sont des femmes, alors que l’organisation n’a jamais été dirigée par une femme en quatre-vingts ans.
Le processus de succession à la tête des Nations unies entre dans sa phase décisive. Après un premier vote indicatif le 30 juillet, les quinze membres du Conseil de sécurité se réunissent ce 21 août 2026 pour un second tour de scrutin de paille destiné à resserrer le champ des candidatures.
Huit noms, cinq candidatures féminines
La liste réunit cinq femmes et trois hommes. Côté féminin : Rebeca Grynspan, du Costa Rica, 70 ans ; Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, 52 ans ; Michelle Bachelet, du Chili, 74 ans ; María Fernanda Espinosa, de l’Équateur, 61 ans ; et Ivonne A-Baki, également équatorienne, 75 ans.
Côté masculin : Rafael Grossi, l’Argentin qui dirige l’Agence internationale de l’énergie atomique, 65 ans ; Olara Otunnu, de l’Ouganda, 75 ans ; et Macky Sall, ancien président sénégalais, 64 ans.
Grynspan en tête du premier tour
Au scrutin du 30 juillet, Rebeca Grynspan avait recueilli le plus grand nombre de mentions favorables, devant Carolyn Rodrigues-Birkett et Rafael Grossi.
Le mécanisme du vote de paille mérite d’être rappelé, car il explique l’opacité du processus. Chaque membre du Conseil attribue anonymement l’une de trois mentions : « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Aucune distinction n’est faite entre les bulletins des cinq membres permanents et ceux des dix membres élus, ce qui rend impossible l’identification des vetos potentiels à ce stade. Pour être recommandé à l’Assemblée générale, un candidat doit obtenir au minimum neuf votes favorables sans veto d’un permanent.
Deux revendications se croisent
Deux logiques s’affrontent dans cette élection. La première est géographique : l’Amérique latine estime que la rotation informelle entre régions lui revient, argument que la composition du champ de candidatures reflète largement, six des huit prétendants étant latino-américains.
La seconde est celle de la parité. Plusieurs États plaident pour la désignation de la première femme secrétaire générale en quatre-vingts ans d’existence de l’organisation, revendication portée de longue date par des coalitions d’États et par la société civile.
Une succession dans un moment critique
Le contexte pèse lourdement sur la nature du poste à pourvoir. L’ONU traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, entre divisions profondes du Conseil de sécurité, affaiblissement général du multilatéralisme et difficultés financières aggravées par les pressions budgétaires américaines.
L’épisode des sanctions américaines contre la présidente de la Cour pénale internationale, cette semaine, illustre la tension entre Washington et l’architecture juridique internationale. Le prochain secrétaire général héritera d’une organisation dont la marge de manœuvre s’est resserrée sur presque tous les fronts.
LNT