Nucléaire : l’AIEA constate qu’elle ne peut plus vérifier le programme iranien, Téhéran décrète une zone d’exclusion près d’Ormuz

Par LNT
Nucléaire AIEA Grosso

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique a indiqué lundi au Conseil des gouverneurs que l’Iran ne fournit aucune information sur ses matières nucléaires déclarées et que les inspecteurs n’ont pas accès aux sites. Parallèlement, Téhéran a annoncé une zone d’exclusion à l’extérieur du détroit et menacé les navires y pénétrant sans autorisation.

Rafael Grossi s’est exprimé devant le Conseil des gouverneurs de l’agence. Son constat est catégorique : l’Iran ne communique aucune information sur ses matières nucléaires déclarées, les inspecteurs ne disposent d’aucun accès permettant une vérification sur site, et le pays ne respecte pas ses obligations de garanties au titre du traité de non-prolifération.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a justifié ces restrictions par les frappes américaines et israéliennes sur les infrastructures d’enrichissement iraniennes, et qualifié les rapports de l’agence d’instruments de pression politique occidentale.

L’ampleur de la lacune de vérification est documentée. En l’absence d’accès, l’agence en est réduite à l’imagerie satellitaire commerciale, qui a révélé des mouvements de véhicules près des tunnels de stockage souterrains d’Ispahan ainsi que des activités sur les sites d’enrichissement de Natanz et de Fordo, sans qu’il soit possible d’en établir la nature. Les derniers stocks connus d’uranium enrichi à 60% s’élevaient à environ 441 kilogrammes, niveau techniquement proche du seuil militaire de 90%.

Cette situation est le produit direct du conflit ouvert depuis février 2026. Elle place la communauté internationale devant une configuration inédite : un programme nucléaire avancé, partiellement détruit par des frappes, dont plus personne ne connaît l’état réel.

Le volet maritime s’est durci le même jour. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que les actifs pétroliers et gaziers américains dans les eaux régionales étaient exposés à des frappes de représailles. La marine des gardiens de la révolution a indiqué que les navires empruntant le corridor sud désigné par les États-Unis seraient visés, à proximité des eaux omanaises. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale a pour sa part annoncé une zone d’exclusion à l’extérieur du détroit, en menaçant de sanctionner les bâtiments y pénétrant sans autorisation.

Téhéran a également mis en garde Séoul, une participation militaire sud-coréenne aux opérations dans le Golfe constituant selon son porte-parole un soutien direct aux auteurs de l’agression, assorti de conséquences sérieuses.

Un couloir de transit sécurisé temporaire, négocié avec Oman, serait sur le point d’être finalisé en vue de son enregistrement auprès de l’Organisation maritime internationale. Il constitue à ce jour le seul mécanisme de désescalade identifiable dans cette séquence.

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