Les Philippines ont accusé les garde-côtes chinois d’avoir tiré vendredi sur un navire du gouvernement philippin au canon à eau près d’un récif disputé, marquant un troisième accrochage maritime entre les deux pays cette semaine.
L’affrontement s’est déroulé en mer de Chine méridionale, près du récif de Scarborough, contrôlé par la Chine. Selon la version philippine, ce navire tentait de ravitailler des pêcheurs philippins, mais Pékin accuse Manille d’avoir volontairement voulu provoquer un incident.
Des confrontations avaient déjà eu lieu lundi et jeudi, dont une près de ce récif. Elles coïncidaient avec l’organisation cette semaine à Manille d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des 11 pays de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean).
Les garde-côtes philippins ont affirmé vendredi, dans un communiqué, que le navire chinois avait effectué une manoeuvre « imprudente », s’approchant à sept mètres du bateau BRP Datu Paduhinog avant de tirer au canon à eau.
La bateau « a subi une perte temporaire » de sa connectivité satellitaire, ont-ils indiqué.
Deux autres navires, le BRP Datu Cabaylo et le BRP Cape San Agustin, ont aussi été pris pour cibles au canon à eau, sans être touchés, ont précisé les gardes-côtes philippins.
La Chine a présenté une autre version de l’histoire.
Les garde-côtes chinois ont accusé dans un communiqué les Philippines d’avoir envoyé 11 navires et incité « un grand nombre » de bateaux de pêche à se rassembler dans les eaux près du récif.
Les trois navires gouvernementaux philippins ont « délibérément pénétré dans les eaux territoriales chinoises » près du récif de Scarborough, ont-ils indiqué dans un communiqué, confirmant l’usage de canons à eau.
L’intervention chinoise a été menée « de manière professionnelle, dans le respect des règles, et sont pleinement légitimes et légales », ont-ils affirmé.
Des journalistes d’une télévision américaine étaient à bord d’un navire philippin durant l’incident de vendredi, une présence dénoncée par Pékin.
« Par des provocations délibérées et une mise en scène médiatique, les Philippines attisent artificiellement les tensions en mer », a déploré devant la presse Lin Jian, un porte-parole de la diplomatie chinoise.
Un premier incident s’était produit lundi près du récif de Second Thomas. L’armée philippine avait accusé les garde-côtes chinois d’avoir blessé un de ses marins. De leur côté, les garde-côtes chinois avaient diffusé une vidéo montrant un homme armé d’une pagaie s’en prendre à leur équipage.
Au nom de raisons historiques, la Chine revendique la quasi-totalité des îlots et récifs de la mer de Chine méridionale. Elle conteste la décision d’une cour internationale d’arbitrage, qui avait estimé en 2016 que ses revendications n’ont aucune base juridique.
LNT avec Afp