Cinq jours après la vague de boue et de débris qui a dévalé la frontière sino-népalaise, l’autorité népalaise de gestion des catastrophes recense 903 morts et 4 247 disparus sur son territoire. Avec le décompte chinois, le bilan provisoire s’élève à 919 morts et 4 793 disparus. Plus de trois mille personnes, dont de nombreux étrangers, restent introuvables dans une zone de haute montagne.
Le bilan de la catastrophe survenue le mercredi 26 août à la frontière entre le Népal et le Tibet continue de s’alourdir. L’autorité népalaise de gestion des catastrophes faisait état lundi de 903 morts et 4 247 personnes portées disparues au Népal. Les médias d’État chinois recensent pour leur part 16 morts et 546 disparus sur leur territoire, portant le total provisoire à 919 décès et 4 793 disparus.
La progression du décompte est spectaculaire : le bilan s’établissait à 750 morts et 3 044 disparus la veille, et à 273 morts et 1 300 disparus quatre jours plus tôt. Cet écart traduit moins une aggravation de l’événement lui-même que la remontée progressive d’informations depuis des vallées coupées du reste du pays, et le travail d’identification en cours.
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a qualifié la catastrophe d’événement naturel inimaginable et déchirant. Il a relevé que la crue de la Bhote Koshi, dans le district de Rasuwa, entrave l’établissement d’un état complet des victimes et des dégâts.
L’origine du phénomène se situe à environ 5 200 mètres d’altitude, où une partie d’un glacier s’est détachée et a chuté de quelque 1 200 mètres avant de percuter la rivière Lhende. L’avalanche de glace et de roches a formé un barrage temporaire, dont la rupture a libéré vers l’aval un mur d’eau et de débris. Un signal sismique de magnitude 5,2 initialement attribué à un séisme a été réinterprété par les services géologiques américains comme la signature du glissement lui-même.
La zone touchée est un couloir de haute montagne fréquenté par les alpinistes et les pèlerins, ainsi qu’un point de passage commercial entre les deux pays. Cette configuration explique la proportion élevée de ressortissants étrangers parmi les disparus, originaires notamment d’Inde, de Chine, des États-Unis, d’Australie, du Royaume-Uni, du Canada et de Belgique.
Les opérations de recherche demeurent entravées par le relief, les conditions météorologiques et la persistance des dangers, notamment le risque de formation de nouveaux barrages naturels en amont, dont la rupture provoquerait une seconde vague. Les autorités népalaises ont mis en garde contre cette éventualité.
Les destructions matérielles portent sur au moins dix-neuf ponts emportés et une quarantaine de kilomètres de routes détruits. Plus de cinq mille militaires et policiers népalais sont déployés, appuyés par des renforts venus de Corée du Sud, des États-Unis et d’Australie, avec le concours des Nations unies. Le département d’État américain a débloqué 3,6 millions de dollars d’aide humanitaire.
Le Népal et les Nations unies ont saisi l’occasion pour alerter sur la dimension climatique de l’épisode. Les glaciers himalayens ont perdu de la glace 65% plus vite entre 2011 et 2020 que durant la décennie précédente, et les glaciers népalais près d’un tiers de leur volume en trente ans. Les scientifiques relèvent que des conditions anormalement chaudes ont précédé l’effondrement, sans établir à ce stade de lien de causalité direct avec le dérèglement climatique pour cet épisode précis.
LNT