Quatre jours après la vague de boue et de débris qui a dévalé la frontière sino-népalaise, l’autorité népalaise de gestion des catastrophes recense 734 morts et 2 498 disparus sur son territoire, auxquels s’ajoutent 16 morts et 546 disparus côté chinois. La montée des eaux complique les recherches. Washington a débloqué 3,6 millions de dollars d’aide humanitaire.
Le bilan de la catastrophe survenue le mercredi 26 août à la frontière entre le Népal et le Tibet a été porté dimanche à 750 morts et 3 044 disparus, tous territoires confondus. L’autorité népalaise de gestion des catastrophes fait état de 734 décès et 2 498 personnes portées disparues au Népal, les autorités chinoises recensant pour leur part 16 morts et 546 disparus.
La progression est vertigineuse : le décompte s’établissait à 273 morts et 1 300 disparus trois jours plus tôt. Cet écart traduit moins une aggravation de l’événement lui-même que la lente remontée d’information depuis des vallées coupées du reste du pays.
L’origine du phénomène se situe à environ 5 200 mètres d’altitude, où une partie d’un glacier s’est détachée et a chuté de quelque 1 200 mètres avant de percuter la rivière Lhende. L’avalanche de glace et de roches a formé un barrage temporaire, dont la rupture a libéré vers l’aval un mur d’eau et de débris. Un signal sismique de magnitude 5,2 initialement attribué à un séisme a été réinterprété par les services géologiques américains comme la signature du glissement lui-même.
Les districts népalais de Rasuwa, Nuwakot et Dhading ont été les plus touchés, de même que le comté de Gyirong, dans la région tibétaine de Shigatsé. Les eaux ont ensuite transité par la rivière Trishuli jusqu’à l’État indien du Bihar.
Les destructions matérielles sont considérables : au moins dix-neuf ponts emportés, une quarantaine de kilomètres de routes détruits, et un chantier hydroélectrique sur le Trishuli où plus de trois cent cinquante ouvriers étaient initialement bloqués.
La zone est un point de passage touristique et commercial entre les deux pays, ce qui explique la présence de nombreux ressortissants étrangers parmi les disparus, originaires notamment d’Inde, de Chine, des États-Unis, d’Australie, du Royaume-Uni et du Canada. Trois ressortissants belges figurent parmi les personnes recherchées.
Plus de cinq mille militaires et policiers népalais ont été déployés, appuyés par des hélicoptères, des drones et des équipes cynophiles. Des renforts internationaux sont arrivés de Corée du Sud, des États-Unis et d’Australie, avec le concours des Nations unies. Le département d’État américain a annoncé samedi le déblocage de 3,6 millions de dollars, incluant une aide alimentaire d’urgence couvrant jusqu’à trois mois de besoins pour près de dix mille foyers.
Les opérations restent entravées par la montée des eaux et par le risque de formation de nouveaux barrages naturels en amont, dont la rupture provoquerait une seconde vague.
L’événement s’inscrit dans une tendance documentée : les glaciers himalayens ont perdu de la glace 65% plus vite entre 2011 et 2020 que durant la décennie précédente, et les glaciers népalais près d’un tiers de leur volume en trente ans. Les scientifiques relèvent que des conditions anormalement chaudes ont précédé l’effondrement, sans établir à ce stade de lien de causalité direct avec le dérèglement climatique pour cet épisode précis.
LNT