Sport

Nawal Sfendla, une jeune marocaine au coeur d’aventurière

le 13 octobre 2020


Nawal Sfendla est une jeune passionnée d’alpinisme, qui s’est donné le grand défi de gravir les sept plus hauts sommets du monde. Cette aventurière moderne a également conquis les neufs plus hauts sommets marocains en seulement six jours. La Nouvelle Tribune – lnt.ma est allée à sa rencontre, pour en savoir plus sur ses objectifs, sa motivation, et ses futurs projets.

  • Qui est Nawal Sfendla?

Jeune femme marocaine de 30 ans, amoureuse de la nature, passionnée par le sport (running, trekking, alpinisme) et attirée par les challenges. Je suis une 7 summits Challenger (ascension des 7 plus hautes montagnes du monde), en ayant 2 à mon actif : le toit d’Afrique le Kilimanjaro à 5895m d’altitude, ainsi que le toit d’Amérique du Sud l’Aconcagua avec 6962m d’altitude. Je viens également de gravir les 9 plus hauts sommets du Maroc en 6 jours

  • Que représentent les montagnes pour vous?

Une liberté sans fin, un développement personnel, une vraie reconnexion unique à son for intérieur, un bien-être inégalé, un dépassement de soi et un épanouissement personnel sans faille.

  • D’où puisez-vous cette force intérieure pour réaliser vos rêves ?

Ma famille m’encourage et me soutient énormément, ce qui est primordial pour moi. Aussi, les obstacles et les déceptions ; j’en ai fait une force. Nous nous devons tous d’avoir un but dans la vie, une ligne directrice qui nous motivera à atteindre nos objectifs et se développera en vue d’un épanouissement total, qui aura un impact positif dans notre vie personnelle et professionnelle.
Je prends des risques aujourd’hui dans un domaine imprévisible, mais le résultat est tellement beau et bon à la fin que j’en fais ma force : si je tombe je me relèverai et attaquerai encore plus fort en tirant les bonnes conclusions et en retenant les leçons. C’est ma philosophie de vie. Il ne faut pas avoir peur d’avoir peur, il ne faut pas s’arrêter au moindre échec, il ne faut pas rêver il faut passer à l’action car peu importe le résultat, il ne nous sera que bénéfique. Il faut savoir tirer des leçons aussi bien de ses échecs que de ses victoires.

  • L’ascension des sommets nécessite de longs préparatifs physiques et mentaux, pouvez-vous nous livrer quelques secrets ?

Ne jamais laisser son corps s’endormir, se booster soi-même et être créatif. Le confinement par exemple nous a tous bloqués : plus de courses à pieds, interdiction de pratiquer un quelconque sport, sortir de chez soi… Nombreuses contraintes qui ont joué sur le moral de la plupart. A ce moment là, j’ai commencé à faire mon sport chez moi avec des exercices de renforcement (une reprise difficile), ainsi qu’à travailler mon endurance en montant jusqu’à 9000 marches par jour, correspondant à l’altitude de chaque montagne, et me permettant de me rappeler mon objectif : gravir et poser le drapeau marocain sur les 7 plus hautes montagnes du monde. Le confinement a été une belle leçon de vie, il a tout simplement fallu faire travailler le mental avant tout, être créatifs et ne pas se laisser aller.

  • Partir à la conquête des hauts cols coûte cher. Comment obtenez-vous des financements?

Je démarche des marques marocaines et internationales souhaitant sponsoriser mon projet, en profitant d’une visibilité internationale et d’une approche originale en soutenant un projet à fortes valeurs, pouvant servir d’exemple à la jeunesse marocaine et autres, mais également en entreprise dans le cadre d’un développement personnel et la réussite de tout challenge. L’année 2020 a été un peu critique, j’espère que je ferai partie de la stratégie de communication de 2021 de certaines marques; ce sera l’occasion pour elles d’avoir une nouvelle approche inédite à fort impact.

  • Quels sont les obstacles qui bloquent les femmes alpinistes dans leur élan?

La peur. Le jugement. Le passage à l’action sans résultat visible. Il faut le dire, nous vivons à mille à l’heure et sommes toujours motivés par le résultat plutôt que le parcours. Il s’agit là d’une erreur. C’est en y allant étape par étape que l’on développe la confiance en soi, la clé de tout succès. Lorsque la confiance est là, le parcours est d’autant plus savouré et maîtrisé. La montagne m’a aidé à développer encore plus ma confiance en moi, me challenger dans un milieu d’hommes principalement. Aujourd’hui, les femmes marocaines commencent à s’émanciper et s’assumer de plus en plus et ça fait plaisir à voir. J’espère pouvoir inspirer des femmes et des hommes à aller jusqu’au bout de leurs rêves. La vie passe rapidement.

  • Quels conseils donneriez-vous à la prochaine femme qui veut accomplir ce challenge?

Nous commençons toutes et tous débutants, il faut tenter progressivement de dépasser ses propres limites. Ne jamais baisser les bras. Ne jamais avoir comme objectif de dépasser quelqu’un d’autre, il faut apprendre à se développer et se réaliser soi-même. La confiance en soi suffit amplement. Le reste, ce ne sont que des barrières à considérer comme des tests et des challenges à affronter avec le sourire.

  • Quels sont vos projets aujourd’hui ?

Je viens de réaliser l’ascension de 9 sommets en 6 jours au Maroc, ce qui n’a jamais été fait auparavant. Une expérience magnifique dans notre beau pays. Nous avons hamdoullah une nature incroyable et sublime que je vous invite à découvrir et encore plus pendant cette triste crise sanitaire. Nous nous devons de participer à la relance de l’économie du Maroc, chacun à son échelle.

Je suis actuellement en train de réfléchir à un autre projet ici au Maroc en attendant l’ouverture des frontières afin de continuer les ascensions de mon 7 summits challenge.

A suivre sur mon compte @the7summitschallengebynawalsfendla
Propos recueillis par Rachida Akarramou