Économie et Finance

Naps, le 1er opérateur de paiement électronique non-bancaire voit le jour

le 17 octobre 2017


NAPS, le premier opérateur indépendant (non-bancaire) voit le jour. Ayant obtenu l’agrément de Bank Al-Maghrib en 2012, ce nouvel opérateur issu de la maison mère M2M Group, ouvre « Une nouvelle ère dans l’univers du paiement électronique », comme l’indique son slogan. L’opérateur s’est fixé pour objectif majeur de rendre les paiements électroniques sécurisés accessibles à tous, partout au Maroc, et à tout moment.

À l’occasion du lancement national de ses activités en tant que nouvel acquéreur monétique, NAPS a tenu une conférence de presse, lundi 16 octobre, à Casablanca, pour dévoiler sa stratégie et ses objectifs dans le marché national. « Notre rôle est d’accroître le réseau d’acceptation, quelle que soit la catégorie des commerçants », indique Faissal Khdiri, le DG de NAPS.

Pour sa part, Redouan Bayed, le président de M2M Group note que  » la particularité de Naps est d’offrir des services dédiés pour les commerçants, pour les métiers de santé, étudiants, les services d’assurance, et bien d’autres services, sans oublier la complémentarité avec le système bancaire marocain ». En effet, NAPS capitalise sur ses forces technologiques et sur son business-model novateur pour déployer une stratégie de marché qui adresse l’écosystème des paiements dans son ensemble.

Lors de sa présentation, l’opérateur s’est penché sur les enjeux sociétaux, sécuritaires, et les enjeux économiques de la digitalisation des paiements. Au Maroc, 13 millions de personne n’ont pas accès aux services financiers de base. Cela engendre des enjeux sécuritaires, tels que la fraude. Sur ce point, NAPS note que 75% des fraudes financières émanent du secteur informel, représentant 40% du PIB dans l’économie informelle.

« À l’horizon 2020, on ambitionne de dépasser le cap d’une centaine de million de dirhams de chiffre d’affaires », souligne Redouan BAYED, président de la maison mère M2M Group.

Pour accepter toutes les cartes de paiement, l’opérateur dispose des dernières technologies, pour bénéficier de traitements sécurisés ultra rapides, tels que le e-commerce, mPos, QR Code et IPOS.

Pour les activités d’émission de cartes de retrait et de paiement, NAPS est tenu d’adosser ses cartes à des comptes de paiement conformément aux exigences réglementaires qui accompagnent la mise en application effective du nouveau statut d’Etablissement de paiement, tel que régi par les circulaires N°6/W/16 et N°7/W/16 de Bank Al-Maghrib, publiées au Bulletin Officiel du 2 Mars 2017. NAPS a introduit une demande d’extension de son agrément initial qui est en cours d’instruction auprès de Bank Al-Maghrib.

Trois leviers pour la stratégie NAPS 

La stratégie globale de ce nouvel opérateur repose sur trois principaux leviers. Il s’agit de « Business to Consumer » portant sur les produits et services pour le grand public ( les jeunes, les étudiants, les femmes au foyer, et les personnes non bancarisés).

Le deuxième levier s’articule autour de « Business to Business ». Ce levier cible les produits destinés aux commerces organisés, les réseaux de distribution et les sites marchands. Le dernier levier « Business to Government » concerne en effet des programmes personnalisés destinés aux administrations publiques, opérateurs de transport, les universités, ainsi que les collectivités locales.

S’agissant de la tarification, Naps introduit deux types de tarification : fixe et flexible. La première signifie qu’une commission unique  est prélevée sur les paiements par carte effectués, dans le point de vente du commerçant. Quant à la tarification flexible, la commission prélevée sur les transactions par carte est indexée sur le CA mensuel du commerçant. Autrement dit, plus son volume de CA est important, plus la commission diminue.

Source : CMI

Au 30 septembre 2017, 40.538 TPE installés au Maroc, dont 25.596 TPE sont actifs. En effet, si le Maroc compte environ 12 millions de cartes de Paiement et de Retrait, et environ un million de cartes de Retrait exclusivement, une partie majoritaire des 12 millions de cartes reste absente du Paiement et n’utilise leurs cartes que pour retirer du cash des GAB.

Ainsi le nombre de cartes actives en paiement sur les 9 premiers mois de l’année 2017 est de 2.131.298 cartes, soit autant de clients bancaires différents si on considère que dans la majorité des cas, un client possède une seule carte bancaire, note le CMI.

Ce nombre est en progression de +20% par rapport à la même période de l’année 2016, et en progression de +85% par rapport à la même période en 2013. Il va sans dire dans ce sens que le montant moyen de paiement par opération pour les cartes bancaires marocaines est sensiblement en baisse d’une année à l’autre, ce qui est une excellente chose car cela signifie que le porteur de la carte utilise de plus en plus sa carte bancaire pour payer de plus petits montants, et cela signifie également que des commerçants pratiquants des paniers moyens plus bas commencent à être équipés en terminaux de paiement. Le montant moyen par opération est passé ainsi de 564,7 DH en 2013 à 462,3 DH en 2017, et il devrait continuer à baisser dans les prochaines années, ajoute la même source.

Par ailleurs, chaque carte bancaire marocaine active en paiement, effectue de plus en plus d’opérations de paiement, ainsi la moyenne des opérations pour une même carte sur les 9 premiers de 2017 est de 15,7 opérations, alors qu’il n’était que de 12,3 opérations sur la même période en 2013.

Autre fait remarquable, le montant moyen dépensé par une carte bancaire en 9 mois reste stable tout en progressant légèrement, il est maintenant à 7.271,3 DH par carte active sur la période des 9 mois de 2017, cela veut dire que le challenge consiste dans la  transformation des cartes bancaires inactives en paiement en des cartes actives en paiement.

I.Jirrari

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