Nabila Mounib, la femme qui ne mâche pas ses mots

le 4 mars 2016


Militante depuis son jeune âge, Nabila Mounib est née en 1960 à Casablanca.

Après le bac, obtenu à Oran en 1977, c’est à Rabat qu’elle fait ses études universitaires en biologie et géologie, à l’université Mohammed V, avant de partir à Montpellier pour préparer son doctorat d’endocrinologie, grâce une bourse obtenue avec mérite.

Son diplôme en poche, elle retourne au Maroc et devient enseignante d’endocrinologie à l’Université Hassan II de Casablanca. Elle a intégré successivement l’Organisation de l’Action Démocratique et Populaire (OADP) issue du «Mouvement du 23 mars», pour rejoindre le Parti Socialiste Unifié, en 2005 dès sa création, un parti à l’idéologie marxiste-léniniste.

En janvier 2012, elle est élue secrétaire générale du PSU, après la fin du mandat de Mohamed Moujahid, et le désistement de Mohamed Sassi. Elle devient ainsi la première femme marocaine à la tête d’un parti politique.

Son père, juriste et intellectuel engagé, fut consul du Maroc à Oran. Elle vécut alors la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc, à la suite de la confrontation militaire qui opposa les deux pays après la Marche Verte, et qui entraina l’expulsion de milliers de Marocains en 1975. C’est à ce moment-là que naquit sa conscience politique, comme elle le déclare souvent. Elle avait alors 14 ans.

Nabila Mounib est surtout connue pour son franc-parler et ses positions tranchées sur différentes questions cruciales.

On retiendra son vote contre la réforme constitutionnelle proposée par Hassan II en 1996. Même son de cloche en 2011, lorsque le PSU a boycotté le référendum constitutionnel proposé par le Roi Mohamed VI. Mme Mounib réclamait alors clairement une monarchie parlementaire en qualifiant la nouvelle constitution de «texte antidémocratique».

En août 2013, lors du scandale survenu après la grâce royale accordée au pédophile espagnol Galvan Viña, Nabila Mounib n’a, cette fois-ci non plus, pas mâché ses mots, demandant au Roi des excuses publiques.

En 2015, elle est appelée par le Royaume pour accompagner une délégation de partis marocains à Stockholm dans le but de pousser le gouvernement suédois à réviser sa position sur la question du Sahara occidental Marocain. Une fois encore Nabila Mounib fait entendre sa voix : elle accepte, mais pas sans conditions. Elle exige que seuls les partis progressistes, en l’occurrence l’USFP et le PPS, soient du voyage. Conditions acceptées et mission bien remplie puisque, quelques jours plus tard, la Suède renonce officiellement à reconnaitre la RASD.

A.L

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