MPharmaDay 2026 : « Touche pas à mon officine ! »

Par LNT
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Le rendez-vous annuel des pharmaciens marocains, autour de l’association ‘‘M Pharma’’, s’est tenu samedi dernier à Rabat sous le thème : ‘‘L’officine indépendante, maillon essentiel de la Santé Publique’’. Une rencontre tenue dans un contexte où le secteur reste englouti dans un océan de problématiques, d’où l’urgence absolue d’en trouver les solutions adéquates.

La bâtisse de la Fondation Mohammed VI de Promotion des Œuvres Sociales de l’Education et de la Formation, se trouvant du côté d’Al Irfane à Rabat, vient d’abriter les travaux de la 9ème édition du Congrès International MPharmaDay.

Cette édition intervient à un moment où l’inquiétude des pharmaciens monte d’un cran suite, notamment à la proposition du Conseil de la Concurrence consistant en la libéralisation du capital de l’officine marocaine.

Unanimes, les pharmaciens continuent de rejeter en bloc toute initiative ou proposition ciblant l’enceinte de la pharmacie d’où la thématique de cette neuvième édition : ‘‘ Nous nous retrouvons une fois de plus pour notre rendez-vous professionnel et scientifique, dans un contexte exceptionnel et d’une importance capitale pour notre profession. C’est pourquoi nous avons décidé que le slogan du congrès de cette année constituerait une affirmation plutôt qu’une simple annonce. En effet, la pharmacie n’est pas un simple commerce, mais elle représente bel et bien la structure de santé publique la plus accessible aux citoyens’’, explique Dr Hasnaa Mamouni, présidente exécutive du Bureau National de Mpharma.

Et de poursuivre que le fait de continuer à maintenir la pression sur la structure économique des officines sans proposer d’alternatives, comme ce fut le cas avec le décret de 2013, mènera à répéter les erreurs du passé et à aggraver la crise que traverse déjà le secteur et cela conduit également des milliers de pharmacies vers une fragilité structurelle susceptible d’entraîner la faillite’’.

Dans le même sens et devant une palette de professionnels, Dr Mamouni a tenu à préciser qu’il n’est pas question d’ignorer l’offensive menée contre l’identité de la profession, à travers les propositions du Conseil de la Concurrence préconisant la libéralisation du capital des officines et l’ouverture du secteur aux de gros capitaux. Aux Moulchekara, précise-t-elle !

Même son de cloche chez Dr Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc, pour l’adoption par le Gouvernement au mois de juillet dernier, du nouveau décret de fixation des prix risque de fragiliser encore plus la situation de l’officine marocaine : ‘‘ Si l’on rajoute à cela le projet d’ouverture du capital, qui a été, fort heureusement, arrêté grâce à la mobilisation des pharmaciens le 9 avril 2026, nous pouvons affirmer dès lors que l’officine indépendante est bel et bien ciblée’’.

D’ailleurs, comme Dr Mamouni ou encore Dr Lahbabi, beaucoup de pharmaciens estiment que l’officine marocaine indépendante fait face aujourd’hui à une véritable menace qualifiée d’existentielle : ‘‘ La baisse des prix des médicament, sans mesure d’accompagnement, en plus de l’ouverture du secteur aux capitaux, ne met pas seulement en péril des milliers d’officines, mais compromet également l’équité d’accès aux médicaments. Sortir de cette crise exige l’ouverture d’un dialogue sérieux, visant à réhabiliter le pharmacien en tant qu’acteur clé du système de santé national’’, dit-on auprès des participants à cette 9ème édition.

Par la même occasion, il a été question de revenir lors de cette journée au rôle du pharmacien, au modèle économique de l’officine et à l’acte pharmaceutique dans son ensemble.

Les différents intervenants ont expliqué à cet effet que le rôle du pharmacien ne se limite pas à la simple distribution de médicaments, mais qu’il assure également des rôles importants en contribuant à la sensibilisation à la santé, en fournissant des conseils et en aidant à la mise en œuvre des politiques de santé. C’est pourquoi les participants ont estimé que le rôle du pharmacien, soit pas moins de 400 patients/jour accueillis dans son officine, reste essentiel au succès de toute politique dans le domaine de la santé.

Sur un autre registre, en rapport cette fois-ci avec la situation juridique et socioéconomique de la pharmacie d’officine, là, les professionnels ont exprimé  leur grande inquiétude quant à l’avenir d’une profession toujours réglementée par des lois obsolètes qui ne sont plus d’actualité tel le Dahir réglementant le trafic de substances traitant les maladies mentales et maladies neurologiques datant du temps du protectorat à savoir, depuis 1922 exactement.

Lors de cette rencontre, tous les pharmaciens, ou presque ont tiré la sonnette d’alarme et invité le futur Gouvernement à prendre au sérieux leur revendication en adoptant une approche réellement participative avec les pharmaciens loin de toute intention de mainmise sur le secteur. Autrement dit : ‘‘ Touche pas à mon officine ’’.

H.Z


Les recommandations de la 9ème édition :

  • Préserver la pharmacie de proximité ainsi que son indépendance
  • Prendre les mesures nécessaires pour soutenir les officines face à la baisse des prix des médicaments
  • Élaborer un nouveau modèle économique ne se limitant pas à la seule marge bénéficiaire sur les médicaments
  • Élargir les missions du pharmacien
  • Renforcer le contrôle sur la vente de médicaments en dehors du circuit légal
  • Cesser de poursuivre et juger les pharmaciens sur la base du Dahir de 1922 et procéder à sa révision.

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