Politique

Mourir pour Guerguerat ?

par Fahd YATA | le 2 mars 2017


Quelques jours à peine après le retrait, unilatéral, des quelques éléments de la Gendarmerie Royale qui avaient été déployés en août 2016 pour assurer la sécurité des travaux d’asphaltage de la route menant du poste de Guergerat à la frontière mauritanienne, l’opinion publique marocaine reste assurément sur sa faim.

Certes, l’on sait que cette décision de «retrait immédiat» ordonnée par le Roi Mohammed VI, a fait suite à un entretien téléphonique entre le Souverain et le nouveau Secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres.

Celui-ci, pour éviter tout risque d’escalade, du fait des provocations incessantes des séparatistes du polisario, a souhaité que la raison l’emporte et recommandé aux «deux parties» de revenir à leurs positions antérieures.

Le Royaume a immédiatement obtempéré, même si les agissements irresponsables des éléments armés mercenaires entravent gravement la libre circulation des personnes et des marchandises sur un tronçon routier stratégique pour le commerce entre le Maroc et les pays subsahariens.

Mais, avec sagesse et esprit de responsabilité, le Roi Mohammed VI, qui vient  de retrouver de manière si convaincante sa place légitime au sein de la famille africaine, n’est point tombé dans le piège des pions de l’Algérie qui sont prêts à tous les coups tordus pour amener le Royaume à une réaction musclée en boutant hors de cette zone tampon, véritable no man’s land, les quelques dizaines d’anciens supplétifs du Tercio colonial, devenus depuis 1975, les hommes de main d’Alger et déployés par le touargui algérien Ibrahim Ghali.

Guerguerat n’est pas une position militaire de premier, ni même de second ordre. Elle n’est qu’un check-point de la douane marocaine pour le contrôle des marchandises allant ou venant du Sud vers le Nord par voie routière.

Il ne s’agit pas de Mahbès, d’Amgala, de Foum Mezguid ou de Tan Tan…

Si ces noms sont évoqués ici c’est qu’ils marquèrent des moments forts d’affrontement armés entre les solides Forces Armées Royales et les katibas mercenaires, voire entre ces valeureuses FAR et plusieurs bataillons de l’ANP algérienne qui avaient osé s’aventurer en territoire marocain.

A chaque incursion, rezzou ou attaque des éléments du polisario, les batailles se sont toujours soldées, entre 1975 et le cessez-le-feu en 1991 par de terribles leçons assénées aux hommes du polisario.

Toutes les grandes académies militaires de par le monde connaissent cette vérité et ce sont même des cas d’école aujourd’hui !

Alors, pas de panique et pas de confusion…

Guerguerat ne vaut pas une balle de kalachnikov et le Maroc ne réduira pas à néant des efforts diligents entrepris depuis près de vingt ans pour retrouver sa place au sein du forum panafricain pour donner une nouvelle raclée à d’indécrottables aventuriers sans avenir, ni représentativité.

Le retrait unilatéral, qui signifie l’instauration d’une nouvelle et positive relation de confiance entre le Secrétariat général de l’ONU et le Maroc, est une preuve de maturité et de responsabilité, de volonté d’œuvrer sincèrement au règlement définitif et pacifique de ce dossier.

Chacun chez nous en est persuadé, mais, comme pour d’autres questions d’une grande importance, force est de reconnaître que la lisibilité de la démarche officielle n’est pas vraiment assurée et encore moins expliquée à l’opinion publique qui doit se contenter de communiqués laconiques et de commentaires journalistiques.

La presse nationale, assurément, «fait son boulot», du mieux qu’elle peut, avec ce qu’elle a…

Mais que penser et dire des «communicants institutionnels», qui, en principe, devraient être la source et l’origine de ces «éléments de langage» dont sont privés les journalistes et autres éditorialistes ?

Le peuple marocain a besoin de savoir et de comprendre pourquoi l’on évacue quand d’autres paradent dans leurs 4X4 sur la route de Guerguerat ?

Le patriotisme, ça se nourrit et s’entretient. Qu’on se le dise !

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