International

Mondial 2022 : Vinci Construction accusé de travail forcé au Qatar

le 24 mars 2015


L’association Sherpa affirme mardi avoir déposé plainte contre Vinci Construction pour « travail forcé », « réduction en servitude » et « recel » à l’encontre des migrants employés sur ses chantiers au Qatar en vue du Mondial 2022, des accusations réfutées par l’entreprise.

« Le groupe français, représenté par sa filiale qatari QDVC, a remporté plusieurs millions d’euros de contrats en vue de l’événement, et emploie directement et par le biais de nombreux sous-traitants de droit qatari des milliers de travailleurs sur place », explique dans un communiqué l’association.

« Les enquêtes menées sur place concluent à l’utilisation par ces entreprises de menaces diverses pour contraindre une population vulnérable à des conditions de travail et d’hébergement indignes et à une rémunération dérisoire », affirme Sherpa.

L’association affirme notamment que « les passeports sont confisqués par l’entreprise et les travailleurs subissent des menaces s’ils revendiquent leur droit à de meilleures conditions de travail ou de logement, s’ils désirent démissionner ou changer d’employeur ».

Contacté par l’AFP, le groupe Vinci « réfute totalement les allégations de Sherpa ». « Au Qatar, comme dans tous les pays dans lesquels Vinci intervient, le groupe respecte le droit local du travail et les droits fondamentaux », assure l’entreprise.

Tous les « collaborateurs » de la filiale qatari ont un « libre accès » à leur passeport et « les temps de travail et de repos sont strictement respectés », ajoute Vinci.

Alors que Sherpa affirme avoir fait face « à de nombreux obstacles » au cours de son enquête, Vinci rétorque avoir « ouvert la porte de (ses) chantiers aux syndicats, aux ONG internationales et aux journalistes ».

La plainte a été déposée au parquet de Nanterre, indique le quotidien Le Parisien qui a dévoilé son existence.

La directrice de Sherpa, Laetitia Liebert, espère qu’elle « obligera Vinci à respecter scrupuleusement le droit des travailleurs migrants dans les années à venir et sera un exemple pour le secteur du BTP dans son ensemble ».

LNT avec AFP