Le Grec Giannis Antetokounmpo (g) lors de la remise de son trophée de MVP de la saison de NBA, à Santa Monica en Californie, le 24 juin 2019 © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives KEVIN WINTER

Sport

Mondial-2019 de basket: Antetokounmpo, le phénomène à la conquête du monde

le 31 août 2019


Shenzhen (Chine) – Star annoncée du tournoi en l’absence des meilleurs américains, le Grec Giannis Antetokounmpo se lance à la conquête du Mondial de basket, à partir de samedi en Chine, après avoir obtenu en juin le titre de MVP de la NBA.

Le sommet, le « Greek Freak » (le phénomène grec) l’a en un sens déjà atteint, à 24 ans, avec cette distinction qui équivaut à celle de meilleur joueur de la planète, puisque tous les plus forts sont rassemblés dans la grande ligue nord-américaine.

Mais Antetokounmpo a assuré récemment qu’il « l’échangerait bien contre une médaille d’or en Chine ». « C’est toujours spécial de jouer pour l’équipe nationale. En écoutant l’hymne, l’émotion est indescriptible. Je suis aussi fier que la première fois », a-t-il dit au journal grec Ta Nea.

Porter le maillot bleu et blanc a en effet une signification toute particulière pour ce fils d’immigrés nigérians, qui n’a obtenu des papiers et son passeport grec qu’en 2013, à l’âge de 18 ans, juste avant de partir pour la « draft » de la NBA à New York.

– Un gamin pauvre –

L’ancien gamin pauvre qui vendait des CD et des lunettes dans les rues d’Athènes avait été reçu avec sa famille par le Premier ministre grec de l’époque, Antonis Samaras.

Cet honneur avait suscité un commentaire injurieux du leader du parti ultra-nationaliste Aube dorée, Nikos Michaliolakos, qui avait comparé le basketteur à un « chimpanzé » lors d’une émission de télé.

« Personne ne peut dire que je suis pas grec. Je ne connais rien d’autre, je ne suis jamais allé au Nigeria, même si je le ferai dans l’avenir pour aider les enfants d’Afrique », avait dit en 2017 le jeune homme, né à Athènes en 1994, trois ans après l’arrivée de ses parents, et éduqué à l’école publique hellène.

Antetokounmpo a été drafté par les Milwaukee Bucks alors qu’il jouait toujours pour le Filathlitikos, club athénien de ses débuts, alors en D2 grecque. Ce qui explique peut-être que, malgré son énorme potentiel, il n’ait été choisi qu’en 15e position, l’année où le N.1 est revenu à un certain Anthony Bennett, qui n’est même plus en NBA à l’heure actuelle.

L’Athénien est devenu l’un des joueurs dominants de la ligue américaine, déjà trois fois All Star, avec ses 211 cm qu’il allie à des qualités de vitesse et d’agilité plus courantes chez des hommes beaucoup moins grands. Son entraîneur chez les Bucks l’a même un moment essayé, avec bonheur, au poste de meneur de jeu!

– Avec son frère –

Avec son phénomène, la Grèce se prend à rêver d’un nouveau podium mondial en Chine, treize ans après l’argent de 2006. Son effectif est rempli de vieux briscards d’Euroligue (Printezis, Calathes, Papanikolaou, Sloukas, Bourousis). En fait partie aussi le frère aîné de Giannis, Thanasis Antetokounmpo, plus vieux de deux ans et moins grand de dix centimètres, qui va le rejoindre cette saison à Milwaukee.

Un troisième frère (ils sont cinq en tout), Kostas, qui essaie lui aussi de se faire une place en NBA avec moins de succès pour l’instant, était dans le groupe en début de préparation mais n’a pas été retenu dans la liste des douze. Cette saison, Antetokounmpo a cumulé 27,7 points, 12,5 rebonds et 5,9 passes de moyenne et les Bucks ont longtemps fait figure de favoris pour le titre avant d’échouer en demi-finale (4-2) contre les Toronto Raptors, les futurs vainqueurs.

La campagne a bien commencé pour la Grèce, victorieuse dans sept matches amicaux sur huit, et pour Giannis Antetokounmpo qui a tout de suite pris les choses en main, finissant cinq fois meilleur marqueur.

« Je n’ai pas joué avec l’équipe nationale depuis deux ans donc nous avions besoin de trouver notre alchimie », a dit l’ailier, présent au Mondial-2014 et à l’Euro-2015 en France, mais contraint au forfait à l’Euro-2017 à cause d’une blessure au genou.

La Grèce est dans un groupe relativement facile au premier tour face au Monténégro, son premier adversaire dimanche à Nankin, au Brésil et à la Nouvelle-Zélande. Tout le monde attend le choc prévu au deuxième contre les Américains. Pour un « remake » de la demi-finale de 2006, lorsque les Grecs avaient battu l’équipe des États-Unis de LeBron James, Dwyane Wade, Chris Paul et Carmelo Anthony?

LNT avec AFP