Société

Médecine esthétique, un engouement pour les techniques non invasives

le 22 octobre 2015


La médecine esthétique a évolué. La chirurgie esthétique ou réparatrice nécessite une anesthésie, un temps de récupération. Or, l’évolution de la société fait que les gens sont aujourd’hui pressés, ils veulent les choses bien et rapidement. Ils préfèrent de ce fait s’orienter vers des pratiques dites «soft». Ainsi, les frontières entre l’univers de l’esthétique et celui de la médecine sont difficilement perceptibles. On parle plutôt de la médecine esthétique et du bien-être. Il existe aujourd’hui une pléthore de techniques qui apportent des solutions qui permettent de réduire l’empreinte du temps sur notre corps. Cela va du traitement anti-âge à l’amincissement, en passant par l’implantation des cheveux, les problèmes des articulations…. «Aujourd’hui, même la médecine curative va connaître une révolution grâce aux cellules souches», déclare Pr Hassan Boukind, spécialiste en chirurgie plastique et réparatrice, et ancien Chef du Centre National de Chirurgie Plastique et Brulés CHU Ibn Rochd-Casablanca.

Techniques révolutionnaires

PRP (plasma riche en plaquettes), ondes, laser, ultra-sons, cryolipolyse (traitement par le froid), led…sont autant de techniques qui ont vu le jour ces dernières années, au grand bonheur des personnes en quête de beauté et de bienêtre. Le recours au bistouri serait-il révolu ? Peut-être pas ! Mais, cela pourrait être envisageable dans les décennies à venir (en tout cas pour certaines interventions). Il est évident, au vu des résultats que l’on peut obtenir grâce au PRP (voir encadré), que la médecine curative et réparatrice fera elle-même de plus en plus appel à la médecine régénératrice.

«L’évolution de la chirurgie plastique, esthétique et de la médecine du bien-être se tourne actuellement vers des techniques innovantes mais non invasives et sans effets secondaires», déclare le Pr. Boukind. «Cette évolution se fait à travers le monde et le Maroc figure parmi les pays qui suivent de très près cette révolution. 70% des techniques utilisées sont non invasives (en dehors de l’acte chirurgical) et offrent aux patients des solutions radicales», confirme-t-il.

Dans les quatre coins du monde, les centres dédiés à l’esthétique et au bien-être se sont équipés d’appareils ultrasophistiqués, à même de concurrencer le billard et le bistouri. «Par exemple, dans le traitement de surcharge pondérale, on pourrait avoir les mêmes résultats qu’avec une liposuccion, grâce au traitement led», nous dit-on. Une véritable révolution, à priori ! Cela reviendrait moins cher, avec moins de risques, puisqu’il n y a pas d’anesthésie, et ne demanderait ni arrêt de travail, ni temps de récupération. Idem pour le traitement anti-âge. Plus besoin de lifting lourd, de salle d’opération, de temps de cicatrisation… les nouvelles techniques dites soft permettent d’avoir les mêmes résultats qu’un lifting chirurgical, en mettant simplement quelques fils dans le visage de la patiente. Même le botox et l’acide hyaluronique, qui ont été les produits les plus révolutionnaires dans le domaine de la médecine esthétique, pourraient être détrônés par ces nouvelles offres.

Offre accessible

C’est justement pour répondre à ce genre d’attentes, que le Pr Boukind a créé au quartier Bourgogne, un centre dédié à «la médecine soft». Baptisé Casa Aesthetic Medical Center (CAMC), la plateforme, qui a ouvert ses portes en 2012, propose une panoplie de techniques de médecine esthétique, à même d’apporter une réponse ciblée et efficace à de nombreux problèmes (voir encadrés).

Ayant nécessité un investissement de 8 millions de Dhs, le centre dispose d’un équipement de pointe, dernière génération. A ce titre, pour la prise en charge de la surcharge pondérale, cellulite, etc., des protocoles spécifiques avec suivi nutritionniste sont proposés aux patients. Cavitation, radiofréquence, drainage, physiopresse, cryolipolyse pour le traitement des amas graisseux et des rondeurs localisées… sont autant de techniques à même de satisfaire les diverses demandes des personnes souffrant de surpoids.

Enfin, côté coût, toutes les techniques proposées seraient, selon le Pr. Boukind, beaucoup moins onéreuses que la chirurgie réparatrice.

Leila Ouazry


PRP (plasma riche en plaquettes)

Cette technique révolutionnaire est un nouveau procédé utilisé pour le rajeunissement des tissus et de la peau. Il s’agit d’un traitement autologue qui utilise les plaquettes contenues dans le sang du patient afin d’éviter tout risque d’allergie ou de rejet et de contamination.

«On obtient grâce au PRP un effet rajeunissant par régénérescence tissulaire. Cette nouvelle technologie a été utilisée pour accélérer la cicatrisation de la peau chez les grands brûlés, traiter les blessures musculaires ou tendineuses chez les sportifs. En médecine esthétique, le PRP ne comble pas uniquement la ride, mais stimule aussi localement la formation de collagène et améliorer la texture de la peau. Le PRP est aussi utilisé pour stopper la chute de cheveux», explique Pr Boukind.

LED (lumières diodes électroluminescentes)

La technologie des LED est aussi l’une des techniques phares du centre. « Il s’agit d’une lumière « froide » comparée à une lumière Led. Ces lumières calment l’inflammation, stimulent l’immunité, améliorent la cicatrisation, atténuent les vergetures, stimulent les fibroblastes dans la fabrication du collagène, densifient et stimulent la poussée des cheveux. De même, les LED peuvent réduire les risques de rebond pigmentaire et les tâches brunes après un processus inflammatoire» explique le professeur.

Laser

Le centre dispose également d’une plateforme laser, dont 5 machines destinées au détatouage, l’épilation définitive, la chute de cheveux, l’acné, la pathologie de l’ongle, en plus d’un laser gynécologique « Monalisa Touch » qui a fait ses preuves dans le monde.